Chronique

ANDREA & BLACK MAGIC EP

ANDREA & BLACK MAGIC EP


On avait déjà commencé l’écoute d’Andrea dans avec son dernier remix. Alors quand ce dernier ouvre une nouvelle page de sa discographie sous l’égérie « Black Magic » Ep le tout sous l’écurie de Jakarta responsable du coup d’envoi de nombreuses carrières réussies, telles que KaytranadaTa-kuMura MasaIamnobodi et bien d’autres, c’est tout naturellement qu’on lui consacre des lignes et une oreille.

« Black Magic » ne manquera pas de marquer les esprits, avec son un esthétique musical fantomatique aux ondulations vocales d’une rare élégance posé sur des espaces de guitare mis sous verre, le tout dans un univers à l’imagerie soignée et ce jusque dans les moindres détails; voilà en quelques mots l’envers du décor.

Les résonances et autres tonalités surprennent, étonnent, comme pour mieux jouer la carte du contre pied. Riche d’atmosphère,  ce cinq pistes prend une densité quasi orchestrale pour compresser, absorber, recracher, reconstruire au sens d’une oeuvre d’art surréaliste troquant les pinceaux contre les boutons, laissant filer un nouveau pan de son talent. Savamment dosée, la disposition alors très slow prend des prédispositions pour accueillir chaque voix (en véritable pivot central) ce qui leur confère un marche pied assez haut pour les installer confortablement en valeur. Etouffants et oppressants sont certains passages qui créent l’incroyable sensation d’un souffle sur votre nuque. C’est une vraie expérience. Andrea insuffle la présence d’une figure invisible qui va et vient d’un décibel à l’autre. La transcendance s’opère. Les modulations mélodiques tiennent toujours en haleine l’audimate, donnant des contours de musique post-bande originale de film de science fiction.

En outre, il est difficile de passer à côté de cette magie noire. Un ensemble très cohérent aux multiples facettes qui sans s’y tromper dépassent largement les attentes ou la simple confirmation, mais qui a bel et bien la prétention ainsi que la consistance d’amener son auditeur ailleurs. Notre coup de coeur 2015.


Thomas, le 15 Juillet 2015.


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