Chronique

34 TRESORS CACHES DE BANDCAMP

34 TRESORS CACHES DE BANDCAMP


En bon chercheur de vibes venues du futur, il ne faut jamais s’arrêter de creuser dans le pixel d’internet pour trouver la pépite, que vous soulèverez tel le Saint Graal de la découverte musicale qui occupera vos pensées nuit et jour, dans les mois à venir avec les doigts rougis par les touches du clavier et l’index fracturé par le nombre de cliques sur la souris.

En bon samaritain, la plateforme d’achats de musique Bandcamp est partie en éclaireur, pour nous soulager un peu le travail. Après une expédition rudement menée, ils sont revenus avec un trésor de guerre de 34 Beat Tapes, sélectionner auprès de producteurs inconnus au bataillon ou plus renommés dans les contrées de la blogsphère. Un bon tir groupé aux petits oignons qui satisfait les plus exigeants d’entre nous : de l’électro au jazz, en passant par la baile funk et la soul sans oublier les sonorités rétro gaming ou le pur instrumental, toute la panoplie du monde de tape a été déterrée pour les plus mélomanes d’entre nous. Parmi tout cet étalage de talents, quatre échantillons ont particulièrement retenu notre attention.


Si Daedelus n’est plus à présenter ; sa commémoration de ses passages dans « Lives at Low End Theory » est toujours un moment d’écoute particulière. Pivot central de la scène de L.A., les soirées Low End Theory regroupent les meilleurs producteurs avec une palette à 360 degrés de ce qui se fait de mieux dans la musique de club aujourd’hui : futuriste, éclectique en diable, mélangeant hip hop, musiques électroniques, bass music ou psychédélisme. Régulièrement baptisé le parrain de la scène underground de Los Angeles, Daedelus fait danser la foule avec un set mélangeant rave américaine, tropicalité poussiéreuse et des percussions palpitantes, que l’on redécouvre dans un live show de 15 pistes tout droit venues d’un autre monde.

[bandcamp width=100% height=120 album=3404321024 size=large bgcol=ffffff linkcol=0687f5 tracklist=false artwork=small]

Un objet, musicalement non identifié, flotte dans l’air. Si Steel Tipped Dove est connu pour travailler avec la scène clé de l’underground new-yorkaise, il possède un goût certain pour l’expérimentation. Ce 11 titres navigue sans cesse entre deux mondes avec un sens subtil de la surprise, deux ambiances cohabitent se partageant la vedette à tour de rôle sans jamais relâcher la pression, entre stress de film d’horreur et balade légère, on ne sait jamais à quel sauce on va être mangé. Les refrains fredonnés laissent vite place aux bourdonnements et autres cris stridents, mélangés à de sinistres bruits de porte et de fermetures en opposition au tempo lent sur rythme électro pour monter petit à petit en pression. L’expérience ne s’écoute pas, elle se vit. Morceau après morceau, le producteur de Brooklyn arrive à les faire coïncider, à les opposer, tel le plus et le moins de deux aimants.

[bandcamp width=100% height=120 album=3731478735 size=large bgcol=ffffff linkcol=0687f5 tracklist=false artwork=small]

Si environ trente ans nous séparent de Zelda, le jeu continue d’exister pas seulement à travers des nouvelles éditions mais aussi de par sa musique à la symphonie si particulière. Le producteur Shag reprend les sonorités rétro du classique, « Legend of Zelda : Ocarina of Time » de la N64 en les réactualisant sur un air plus moderne. Une Beat tape spéciale nostalgie des années passées qui retrace les longs après-midis à martyriser le stick de la manette, pour diriger Link à travers la map et tuer les boss de chaque château. Le producteur du Texas replonge en arrière avec une écoute qui sera accompagnée d’un certain sourire aux lèvres avec des flash-backs de son enfance.

[bandcamp width=100% height=120 album=3903209653 size=large bgcol=ffffff linkcol=0687f5 tracklist=false artwork=small]

On finira ce bref tour d’horizon avec une mention spéciale pour « How Are You ? »  de Mounika. Une tape aux allures de collection d’anciennes mélodies très émotives, animée d’échantillons vocaux qui hantent chaque morceau, pour leur donner vie dans un romantisme sans fin, tel une histoire d’amour que l’on trouve seulement dans les vieux films en noir et blanc. Au fil des notes, on se laissera facilement porter par ce savoureux mélange, tombé du recoin le plus éloigné d’internet, qui séduit tel une sérénade avec un style si particulier, mi-oldschool mi-hypnotique et remporte haut la main la palme de la pépite que l’on va réécouter jusqu’à n’en plus finir.

[bandcamp width=100% height=120 album=2467560248 size=large bgcol=ffffff linkcol=0687f5 tracklist=false artwork=small]


Thomas, le 24 Octobre 2017.


à lire aussi