Interview

BLAKE SMITH, AKA HASHTAG BB2M

BLAKE SMITH, AKA HASHTAG BB2M


Blake Smith alias « le Monsieur tutoriel » de la chaine Blah Blah 2 Music a pris le temps de répondre à quelques-unes de nos questions. Un échange avec un passionné à toutes heures.


PlayMyKick : Quel a été ton leitmotiv pour monter Blah Blah 2 music ?

Blake Smith : J’ai toujours aimé la photo et la vidéo. J’ai toujours aimé la musique et aimé en parler. J’ai donc décidé d’allier le tout. Avec l’aide de quelques tutoriels de Youtubers renommés, j’ai pu commencer cette chaine qui est un bonheur pour moi.

Pmk : Quel est le plus important dans un home studio pour toi ?

B : Avoir une bonne carte son et de bonnes enceintes. Le reste peut être bon marché mais ces deux équipements sont ce qui enregistre le son et ce qui restitue le son. C’est très important pour avoir une bonne restitution de musique « audible » partout.

on voit qu’il y a également un retour en arrière : Le retour à l’analogique, les produits qui commencent à être plus en plus cher

Pmk : Est-ce que tu as l’impression qu’il se passe quelque chose de spécial au niveau de la création, on aperçoit de plus en plus de projets « fait maison » sans l’intermédiaire de studio d’enregistrement ?

B : Oui mais c’est encore plus spécial que l’on ne le croit pour moi. Effectivement il y a toujours plus de projets faits en homestudio car l’accès à la musique et à sa création est de plus en plus simple et donc des personnes de moins en moins « puristes » et de plus en plus jeunes peuvent commencer à en faire dans le même temps. De l’autre côté, on voit qu’il y a également un retour en arrière : Le retour à l’analogique, les produits qui commencent à être plus en plus cher et surtout le retour aux studios d’enregistrement ! J’entends par cela, On voit de plus en plus de vidéos de « homestudistes » apparaître dans des grands studios d’enregistrements pour paraître plus « Legit » ou mieux encore enregistrer des orchestres et ne plus avoir recours aux samples. On est train d’assister à la fusion des deux selon moi.

Pmk : Aujourd’hui de plus en plus de producteurs se tournent vers youtube, tu penses que c’est un créneau à explorer ?

B : Ça dépend comment on voit les choses. Si c’est pour faire des beats sur Youtube (comme les « type » beats) et essayer d’avoir de la reconnaissance musicale, je ne pense pas. Si c’est pour faire des choses en français, oui définitivement. En france, nous sommes très en retard sur la psychologie Youtube, si bien que nous ne nous réveillons que maintenant alors que la concurrence entre Youtube, Twitter et Facebook vient tout juste de commencer. Ce qu’il manque cruellement, c’est des personnes capables de délivrer de bonnes vidéos dans à peu près tous les domaines, non pas qu’il n’y en ait pas mais par rapport aux US cela n’a rien à voir. En somme, c’est un très gros créneau surtout qu’à partir d’un moment il rémunère.

Pmk : Parlons musique, quelle a été ta première expérience avec la composition musicale ?

B : J’ai toujours été plus ou moins dans la musique. Mon père collectionnait des vinyles que j’écoutais, j’ai ensuite été un gros fan de hip hop, puis dj, puis beatmaker. Quand j’étais dj, je me suis rendu compte que c’était très onéreux (époque du vinyle encore) et surtout je commençais à ne plus trop aimer la musique qui se faisait à la radio ou autre. C’est là que je me suis dit : « Pourquoi je ne ferais pas moi meme la musique qui me plait » et tout a commencé là.

C’est l’impression que je sample avec le mix.

Pmk : De façon générale, il semble que le sample c’est une religion pour toi ?

B : C’est ce qu’on pourrait croire et c’est ce que tout le monde me dit mais curieusement non. Pour tout dire, je ne sample quasiment jamais. La majorité des sons que l’on entend sont joués et non samplés. Je dirais que surtout les sons il n’y a seulement 10% qui proviennent du sample et encore. Par contre, je me sample les mélodies que je joue, je sample des voix ou des discours, je sample des instruments percussives que j’ai chez moi mais je sample très rarement. C’est l’impression que je sample avec le mix.


La Sélection de Blake Smith :

The Xtraordinair$ – No Pressure Ft. Reggie B

CYGN. – Lost Sight

DIXIT – No Money

JNTHN STEIN – Float (feat. G.L.A.M.)

Evelyn – Unready

Jeremy Riley – #TheWeekness – Couple Drinks

PARTYNEXTDOOR – Things & Such

Alessia Cara -Here

Robot Orchestra – Drivin Me Nuts

BARBER – Talk To you


Pmk : Avec tout le contrôle sur les droits de la musique, le sample a-t’il encore un avenir selon toi ?

B : Le sample aura toujours un avenir car le sample ne se limite pas à sampler des artistes connus. Le sample est quelque chose de naturel, on sample naturellement tout c’est juste qu’on le fait techniquement maintenant. Et puis il y a toujours des artistes connus qui sample aujourd’hui donc cela prouve que ce n’est pas encore un problème.

C’est un peu après que Gifted qui était sur les lieux m’a contacté et on a commencé à travailler ensemble.

Pmk : Quel sont tes souvenirs de la collaboration avec Gifted The Great ?

B : Je n’ai pas encore de souvenir car ma collaboration n’est pas terminée avec lui. On travaille toujours ensemble et on est devenu comme une sorte de groupe tous les deux. Par contre, notre rencontre n’a pas été aussi directe qu’on le croit. J’ai vu qu’un jour un beat battle était organisé à Birmingham par les gars de Behind Closed Doors qui ont interviewé des légendes grandissantes aujourd’hui comme! llmindFS GreenJaisuJon Phonics … J’ai décidé d’y aller et faire écouter mes sons et cela s’est avéré payant. C’est un peu après que Gifted qui était sur les lieux m’a contacté et on a commencé à travailler ensemble.

Pmk : Cosmonotro est aujourd’hui un label incontournable, quel regard portes-tu sur votre rencontre ?

B : Mes relations avec Cosmonotro ont toujours été d’une simplicité absolue. Je les ai contactés pour savoir s’ils étaient intéressés par ma musique ce qui fut le cas, « Wakanda » s’en est suivi et depuis je travaille avec eux. Je ne me considère pas comme le membre le plus éminent du label, loin de là. Je suis d’ailleurs un peu le gars qui va et vient et sort un truc de temps à autre sans trop prévenir et ils ont toujours su être là quand j’en avais besoin. BRAVO à l’équipe !

Pmk : Quel bilan tires-tu de ton dernier EP Complex ?

B : Très bon. C’est un projet très très personnel pour moi et savoir que lorsque l’on se révèle à travers sa musique peut aller si loin. Ça me prouve que j’ai juste besoin d’être moi-même dans ma musique pour que ça fonctionne ne serait-ce qu’un peu et ça c’est quelque chose qui fait chaud au cœur.

Pmk : Si tu devais résumer le principe des soirées Sloppy Kayz ?

B : Les soirées  « Sloppy Katz » étaient des soirées destinées avant tout aux beatmakers.Certains venaient faire écouter leurs sons via leur clés USB, d’autres faisaient du Beatmaker Set. Tout était fait pour faire sortir les beatmaker de chez eux. Hélas, cette soirée n’est plus.

Pmk : À l’une des soirées tu as posé un set près de Pyrmdplaza, quel effet ça fait ?

B : Pas d’effet en particulier car je ne le connaissais pas plus que ça à l’époque. Je suis plus animé par les relations que j’ai avec certains beatmaker avec qui autre chose que la musique est en commun. J’aime bien ce qui se fait aujourd’hui mais je suis plus sur le relationnel que sur la popularité. Jouer aux côtés de Tall Black Guy et Monomite a été extraordinaire pour moi par exemple car nous avons discuté de plein d’autres choses.

Pmk : Quel est le meilleur moment, qui t’a vraiment le plus marqué dans toutes ces soirées ?

B : La première soirée. Quand j’ai créé le concept je pensais faire un petit event de quartier sans prétention. Et quand on s’est retrouvé submergé par le monde qu’il y avait nous étions heureux et déroutés. Ce fut l’un des plus beaux moments de cette soirée pour moi.


Thomas, le 9 Novembre 2015.


 

à lire aussi