Chronique

« CLOUDBURST » LE PREMIER ALBUM DE IRAHNIK

« CLOUDBURST » LE PREMIER ALBUM DE IRAHNIK


Oshi, Luminate, Cavalier, Bnjmn, Romby, Jamvvis, J.Robb, Medasin, Swindail, Pharomazan, avec un tel all-star de producteurs « Cloudburst », le dernier album de Irahnik ne pouvait pas passer inaperçu. Avec une ambiance couleur bleu nuit du début à la fin, le rappeur du new Jersey a parfaitement synthétisé les influences du moment pour passer au niveau supérieur.



Seulement deux mois après son premier EP, il réédite la démarche et confirme avec un premier long format placé sous le thème du voyage en eaux troubles, avec port de lunettes de soleil en verre teinté obligatoire, même en pleine nuit. Il en ressort avec un douze titres consistant, gagnant peu à peu du terrain dans l’obscurité.

Au fur et à mesure des morceaux, le rêve bleu d’Irahnik prend forme et on y prend goût. Son flow noctambule tout rebondissant propose un large panel de démonstrations techniques faisant largement la part du travail, sans jamais hésiter à sortir de sa zone de confort, en se laissant amener par ces producteurs sur des routes plus modernes. En bon enfant du hiphop, il est loin de manquer de ressources et joue au corner des placements millimétrés, du découpage de mesures et des accélérations saccadées, toute la panoplie y passe. L’oiseau de nuit pousse même la chansonnette sur les titres High et Solo ce qui est très appréciable, on en est même un peu frustrés de pas le revoir dans ce registre.

Le reste est assuré par l’une des plus belles équipes de compositeurs encore jamais réunie à ce jour, assurant les finitions. L’entourage sonore constitue une rampe de lancement à la fois médiatique, il faut bien le dire, mais surtout en terme d’orchestration avec des boucles qui invitent à la nonchalance. En véritable point d’attache du projet, les différentes modulations sonores donnent une route agréable au cours de laquelle on y croise YoAstrum, Devenaro, Yung Fusion et Lox Chatterbox, Khary, les featuring en guise de cerise sur le gâteau. Sensuelles, éthérées et enjouées, les productions lorgnent sans complexe dans le puzzle des hashtags #Hiphop #Rnb #Pop, qu’importe, la magie est bien là. Avec un tel étalage il est lui même le symbole d’une génération aux références éclatées entre la côte Est, la décompresse et les nuages. L’album de la maturité ? Assurément, il maitrise son style avec une vraie trame et la difficulté de passer d’un producteur à un autre sur chaque piste ne se fait jamais entendre. La recette semblait facile en théorie elle est mais très difficile à reproduire. Porté par un amour flamboyant du beau son, Irahnik pilote sa fresque d’une main de maitre.

Adroitement pensé, « Cloudburst » est un excellent palliatif à quiconque cherche un peu de renouveau dans la scène actuelle. Assez épais pour le suivre à la loupe, assez ciselé pour en vouloir un deuxième, mais surtout assez bon pour en faire un coup de cœur. Voilà assez de bonnes raisons pour trouver la vôtre.

Thomas, le 17 Juin 2016.


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