Interview

GOLD PROSPECTOR, LES CHERCHEURS DE BONNES VIBES

GOLD PROSPECTOR, LES CHERCHEURS DE BONNES VIBES


Certains labels ne manquent pas de nous surprendre à plusieurs égards. Si le nom de Gold Prospector Records ne vous dit encore rien, leurs régulières trouvailles ont séduit plus d’une oreille. Interview avec des chercheurs de pépites sonores des temps modernes, Thomas et Kevin les deux fondateurs de la structure.


PlayMyKick : Remontons un peu dans le temps. Est-ce que vous pourriez nous raconter comment est né Gold Prospector ?

Thomas : Tout a commencé en sélectionnant des tracks sur Soundcloud, difficiles à trouver ailleurs, pour créer des playlists YouTube. La musique, ça m’a toujours plu. Ma partie préférée, c’est la découverte de nouveaux talents : A&R. Il y a et y aura toujours des artistes qui émergeront et alimenteront l’océan Soundcloud. Durant mes études supérieures, j’ai rencontré Kévin. Il a tout de suite accroché avec le projet. Notre motivation commune nous a conduit à développer Gold Prospector Records en 2016. Si vous ne croyez pas en vous-même, pourquoi les autres croiraient en vous. C’est pareil pour notre projet, nous avons confiance en lui.

Kevin : J’ai rencontré Thomas en 2013 et il m’a très vite fait découvrir son univers musical qu’il partageait autour de lui, à travers sa première chaîne YouTube. J’ai entièrement adhéré au projet et rejoint l’aventure, avec la même envie de partager nos influences musicales, que nous avions désormais en commun.

Pmk : Comment sont répartis les rôles entre chaque fondateur ?

T : Nous sommes une petite entreprise ; nos rôles sont variés et nous nous concentrons sur les points forts. Je m’occupe du pôle A&R, du community management et de la gestion du record. Kévin développe le pôle évènementiel par le biais de sa start-up Gems Production. Nos missions sont vachement complémentaires.

K : En effet, on a eu petit à petit l’ambition de développer le projet, partant d’une passion commune, en une organisation plus construite. Nous avons tous les deux des compétences et caractères différents, qui nous ont permis de nous répartir facilement les tâches. Thomas joue son rôle à fond. Il ne se passe pas 1 semaine sans qu’il me sollicite pour me faire écouter ses trouvailles. C’est son travail de recherche quotidien que j’admire. De mon côté, j’ai commencé à étudier l’entrepreneuriat en 2015. C’est ce qui m’a donné l’envie de concilier mon intérêt pour la musique et mon choix professionnel. Indépendamment du projet, Gems Production a alors vu le jour. Cette entité nous permet d’organiser des événements alliant des programmations variées, représentant différentes cultures musicales et mettant en scène des amis et producteurs locaux.

Pmk : Il y a-t-il d’autres labels, qui vous ont inspiré en chemin ?

T : Bien-sûr, il y en a tellement. Parmi les plus connus : Hw&w, Soulection, Darker Than Wax, Flow-fi, Film Noir … En ce moment j’apprécie beaucoup le travail de Fête.

K : En plus de ces labels, on valide aussi le gros travail de TMPL, Le Sofa ou encore Yunizon. C’est cet environnement en pleine explosion qui favorise et contribue à l’émergence d’artistes de talents. Enfin, je suis aussi toujours autant impressionné par le crew Roche Musique.

Pmk : Avez-vous une ligne éditoriale particulière ?

T : On est très attaché aux vibes hip-hop et future. Mais, ce que j’aime chez Gold Prospector, c’est que nous voulons représenter tout le monde. La plupart des plates-formes ne représentent que leur propre style musical. Nous non. Si c’est bon, nous le partageons.

K : Thomas a bien résumé, c’est cet esprit là qui m’a donné envie d’intégrer le projet.

Pmk : Le coté « discovery » semble être votre leitmotiv ?

T : Voilà c’est ça. Il y a tant d’artistes peu connus qui méritent de l’être. Plus tu trouves d’artistes et plus tu découvres des variantes de styles différentes … Il est essentiel de se démarquer dans ce milieu. C’est notre principal enjeu.

: Exactement, la découverte de nouveautés c’est ce qu’on aime faire, et nous sommes servis avec Soundcloud. C’est une gigantesque vitrine artistique que nous essayons d’exploiter au mieux, et qui s’avère être un véritable tremplin pour tous ceux qui souhaitent faire connaître leur univers.

Pmk : Est-ce que STU est aussi de la partie ?

T : STU, c’est le couz ! C’est l’un de mes meilleurs potes dans la vie de tous les jours et il nous soutient dans ce projet.

K : Bien entendu, pour vous dire, la première fois qu’on l’a rencontré il avait tout juste 900 abonnés. On est d’abord devenu amis, et on s’est vite rendu compte qu’on partageait des goûts similaires pour la musique. C’est un gars très doué qui, depuis maintenant 2-3 ans, a su se créer une véritable identité musicale.

Pmk : A l’ère d’internet et des réseaux sociaux, quel rôle peut jouer un label ?

T : Un label peut jouer de nombreux rôles. Dans notre cas, je souhaite qu’il serve de tremplin pour des artistes ayant peu de visibilité. J’aimerai aussi qu’on soit considéré comme une ressource, toujours en mouvement, de bonnes musiques dans le monde entier.

: Je vois le label comme une équipe soudée où l’entraide et la mise en avant mutuelle est omniprésente. Je reprends encore l’exemple de Roche Musique qui, pour moi, représente vraiment une famille. C’est cet aspect que je trouve important.

Pmk : Avez-vous des producteurs des environs à nous recommander ?

T & K : Oui il y en a beaucoup. Dans le Sud de la France et pour citer nos potes, il y a STU, Mekson, ELK, Tmzk, Jah/søo, Middle, Diboujoñe et le très connu Khamsin.

Enfin il y a Froobskank et Da Gramn, ancien membre du Darker Than Wax, qui ont été une force pour commencer Gold Prospector.

Pmk : Que pensez-vous du modèle Radio Show/Label ?

T & K : On ne s’est pas encore penché sur cette perspective mais c’est un excellent modèle à suivre. Ça permet de développer rapidement une communauté autour des artistes.

Pmk : Étant basé à Montpellier, la localité joue-t-elle un rôle important pour vous ?

T : La localité n’a aucune importance pour nous. C’est pour cela que nos contenus sont en premier rédigés en anglais. On est vraiment tourné vers le monde et nos abonnés nous le démontrent encore.

K : Gold Prospector a une véritable dimension internationale, et c’est ce qui fait la richesse de notre identité. Pour vous dire, l’une des premières tracks sortie sur GP venait tout droit d’Argentine !

Pmk : Dans une interview précédente, Khamsin nous confiait sa vision de la scène future beat de Montpellier : « la scène est quasi inexistante, pour vulgariser, c’est : sois techno, soit trap. » Vous confirmez ? 

T : Oui et non. La scène « trap » comme beaucoup disent, regroupe beaucoup de future beats, hip hop, rap, trap … C’est déjà assez varié pour concurrencer la scène techno. Il est vrai que la future bass n’est pas répandue sur Montpellier. Mais je trouve que les organisateurs font déjà du bon boulot.

K : C’est vrai qu’il n’y a pas la même diversité que dans la capitale mais avec le temps, ça commence à changer. On a pu le constater lors de la venue d’artistes de Soulection, DTW ou encore Rooftop Horizon.

Pmk : Ensuite, il vous cite comme les personnes faisant bouger les choses dans le bon sens, avec Ethic Call et Electrodidact ?

: Il y a une nuance car nous ne sommes pas une agence d’events mais un record. L’agence d’events faisant bouger physiquement les choses sur Montpellier s’appelle Based MTP. Ils proposent des programmations comme on aime. Cependant en avril, nous organisons une grosse soirée avec Le Sofa et invitons Gracy Hopkins, Lou Berry, STU, Madijuwon et Yung $hade. Nous sommes sûrs que les montpelliérains vont adorer.

K : L’envie de créer Gems Production est venue dans l’intérêt de contribuer à faire bouger les choses sur Montpellier, en proposant des programmations dans l’ère du temps et mêlant différents styles musicaux. Mais ce n’est que le début, pour le moment c’est réellement Based MTP qui propose de superbes line-up.

Pmk : Finalement peu importe d’où tu viens, on est tous d’internet ?

: C’est exactement ça la famille ! Nous ne serions pas là sans Soundcloud. Ils ont vraiment changé le game.

K : C’est vrai que l’apparition de cette nouvelle ère, et tout particulièrement des plateformes audios et des réseaux sociaux a permis aux différents acteurs de ce milieu de réduire les distances et supprimer les frontières. La musique rassemble les passionnés, et ce plus facilement grâce au Web.

Pmk : Avez-vous une organisation particulière, pour trouver les pépites sonores ?

T : Pas forcément, je gère ça au feeling. Il faut que j’aime le travail et l’univers de l’artiste, qu’il fasse surgir des émotions en moi. J’aime aussi connaître le ressenti de Kévin et de STU avant de valider une track. C’est toujours bon d’avoir plusieurs points de vue.

K : Il n’y a pas de démarche particulière pour trouver une « pépite sonore ». Il faut écouter, chercher, réécouter et cela, quotidiennement et avec passion, comme Thomas. C’est pour cela que nous entrons en jeu avec STU ; nous avons tous deux une oreille différente et pouvons apporter un feedback différent.

Pmk : Il y a-t-il des projets en cours ?

T : Oui, nous allons bientôt mettre en ligne notre site web. On mettra en ligne une collection de tees & caps Printemps/Été. Ensuite, je veux mettre en place le label, des médias sociaux, une chaîne d’interviews et performances et un tas d’autres projets.

K : Quand on est investi dans un projet comme celui là, il y a toujours une multitude de sous-projets que l’on souhaiterait développer. Pour le côté events, on a réussi à obtenir un partenariat avec des établissements reconnus de Montpellier. Pleins de bonnes vibes à l’horizon !


Thomas, le 10 Mars 2016.


 

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