Chronique

GOMEN’NASAI, AU PAYS DU SOLEIL LEVANT

GOMEN’NASAI, AU PAYS DU SOLEIL LEVANT


Il y a des projets qui ouvrent une brèche, c’est aussi rare qu’intrigant. Porté par une imagerie lourde de sens, « Love me » nous amène en plein dans l’urbanisme du pays au soleil levant.

Gomen’nasai déballe un bagout enivrant, marqué par toute la douceur du continent asiatique. On ochera la tête entre les notes aiguës et les chants évangéliques. C’est une plongée au cœur d’un rythme entêtant et répétitif, sans doute la bonne découverte du mois d’Octobre. Omniprésentes d’un bout à l’autre, les vocalises viennent jouer le rôle du trait d’union. Les tonalités crépusculaires nous amèneront à bord d’une virée nocturne à grand coups d’ambiance soporifique et il ne faudra pas plus de cinq secondes à l’auditeur pour être ailleurs. Les beats hypnotiques et psychédéliques liquides à souhait laissent transparaître des images d’animations. Ces images subliminales murissent au fil de l’écoute et s’harmonisent avec le temps, comme pour mieux saisir l’instantanéité du moment; les diapositives défilent et l’esthétique des rues bondées de néos à des heures les plus tardives prend forme. En somme, c’est une petite fresque sonore très plaisante à entendre.

Plus qu’un simple EP, Gomen’nasai, à également eu la fraîche et bonne idée de rajouter quatre remix pour prendre plus d’envergure. Terriblement efficaces, les remix étoffent incontestablement le projet, en lui donnant une durée de vie beaucoup plus longue. C’est rudement bien pensé, surtout quand il s’agit de faire retravailler les morceaux par KoiDNZNative ou encore Harmful Logic. Ces bonus tracks permettent de prendre un peu plus d’altitude.

Agréable et intense, « Love me » est l’occasion de faire la connaissance d’un personnage haut en couleur. Sans coup de génie mais grâce à un brio certain, Gomen’nasai sera conquérir les plus couche-tard d’entre nous.


Thomas, le 30 Octobre 2015.


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