Interview

GRISFX

GRISFX


Un amour pour le continent asiatique, des prods softs et un pied dans le monde du dessin, Grisfx ne manque pas d’originalité. Décryptage de son univers le temps d’une interview.


PlayMyKick : Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ?

Grisfx : Mes premiers souvenirs musicaux, mmmmh, ah ! j’ai quelques mélodies qui viennent en tête, je devais avoir dix ans, « Sex bomb » de Tom Jones, et juste après « Blue » de Eiffel 65  et aussi Daddy DJ. Après ça j’ai eu une période « métal/folk/goth » comme la plupart des jeunes de mon collège (de Nirvana aux Pink Floyd à Slipknot), puis vers 14/15ans j’ai découvert Board of Canada et Flying Lotus (et par la suite pas mal d’autres artistes et groupes qui m’ont beaucoup influencé et motivé).

Pmk : Peux-tu nous raconter tes premières expériences de production ?

G : Ahah, c’était sur Garageband… Le pire c’est que je trouvais ça sympa, j’ai toujours les fichiers dans mon ordi qui trainent quelque part, ça m’arrive d’écouter et ça me fait rire. C’est motivant, ça donne envie de continuer et de toujours progresser. Sinon j’ai fait de la guitare électrique et acoustique aussi entre 13 et 15 ans (depuis j’ai un peu mis ça de côté).

Pmk : Plutôt samples ? Tes propres compositions ?

G : Au début sample, car je ne savais pas trop composer, je faisais les batteries et bass, je jouais avec le sample, et à force de m’amuser j’ai plus ou moins appris le rythme. J’ai regardé quelques tutoriels de piano « débutant » sur internet, et après je suis parti à la découverte. Depuis une petite année j’essaie de ne faire que de la composition (j’ai un clavier midi) mais parfois ça m’arrive toujours de sampler, sans trop modifier, comme pour un hommage, ou en déformant complètement afin de créer une nouvelle mélodie.

Pmk : Justement, comment travailles-tu un morceau ?

G : Je commence souvent par tester plusieurs accords, mélodies, notes, avec différents synthé, après j’ajoute un rythme assez basique pour voir ce que ça peut donner, et par la suite je modifie le tempo et continue à rajouter des éléments, jusqu’à atteindre un climax, à partir de là je recompose la musique, en enlevant ces couches et en les superposant, jusqu’à trouver une suite d’éléments qui me conviennent. J’espère que c’est clair haha.

Pmk : Globalement, les titres ont une grosse empreinte « asiatique », d’ou vient cette inspiration ?

G : En gros, j’aime bien la nourriture asiatique, j’ai toujours pratiqué les arts martiaux, et l’esthétique me plait beaucoup. Ah oui, ça m’est arrivé de lire et de regarder pas mal de manga, mais maintenant je prends moins le temps de le faire.

La façon d’aborder les creux et pleins durant la composition étant totalement différente, c’était un challenge pour moi, mais j’ai beaucoup apprécié sa réalisation.

Pmk : Est-ce que tu penses explorer d’autres genres pour tes prochains projets ?

G : Oui je pense, j’en suis même certain, ma musique a toujours évolué, je ne sais pas encore trop où je vais me diriger mais depuis dernièrement j’aime faire quelques passages « house/techno » (je ne sais pas trop comment décrire ça) qui se mélangent à ce rythme plus lent « future/trap » Mon dernier album « ELEMENTS » est assez différent, je me suis gardé comme consigne de faire 5 musiques de 5 minutes chacunes représentant les 5 éléments, ce qui m’a forcé à beaucoup plus travailler les sons (étant habitué à faire des musiques de 2min). La façon d’aborder les creux et pleins durant la composition étant totalement différente, c’était un challenge pour moi, mais j’ai beaucoup apprécié sa réalisation.

Pmk : Si tu devais choisir trois producteurs qui t’ont marqué et influencé, qui seraient-ils ?

G : Comme cité plus haut, Board of Canada,  Flying LotusShlohmo et surtout par la suite les potes de Soundcloud.

Pmk : Tu fais aussi partie de Indigo League, peux-tu nous en dire quelques mots ?

G : Indigo League, c’est l’étape finale dans Pokémon, où tu dois affronter les plus grands Maitres dresseurs pour prouver ton courage et ta force, ici c’est un peu ça, sauf que c’est une escouade virtuelle qui aime la musique. Le dernier EP vient de sortir sur le Soundcloud, « Elite Four », chaque nom de musique reprend celui d’un Pokémon. Un projet de tournée sera sûrement en cours, aux U.S.A et peut-être en Europe, à suivre…

Pmk : Tu as également un parcours dans le dessin, un certain rapprochement avec ta musique, est-ce un prolongement de celle-ci ?

G : J’ai commencé à faire de la bande dessinée vers 15 ans, et maintenant j’ai 25 ans, la musique j’ai commencé ça vers 20 ans, à la base juste par loisir, et c’est devenu une grande passion, qui a commencé à prendre le dessus sur le dessin. Maintenant je suis moins productif mais j’essaie toujours de participer à quelques collectifs de bande dessinée et à dessiner mes artworks sur Soundcloud. Je bosse en parallèle sur une BD d’une centaine de pages, je ne sais pas quand ça sortira mais pour patienter vous pouvez aller sur mon grandpapier.

Pmk : L’aspect visuel de tes clips est aussi un choix bien particulier, comment se passe le processus ?

G : Pour certains, (comme le clip « kikyo ») j’ai directement utilisé un passage du manga dont j’ai utilisé l’audio, du coup la video était là, il ne fallait plus qu’en faire un hommage. Sinon comment dire, pour la plupart j’essaie juste de trouver des images en rapport avec l’ambiance sonore, si ce n’est pas possible de les filmer j’essaie de faire ressortir ces sentiments avec d’autres bouts de vidéos (toujours créditées si elles ne sont pas de moi). Certains clips ont aussi été réalisés par des amis (lien dans les descriptions vidéos).

Pmk : Quelle est la prochaine étape, le prochain projet ?

G : Sûrement une BD/CD, je ne sais pas combien de pages, je ne sais pas combien de titres, mais les deux seront fusionnels.


Thomas, le 14 Septembre 2015.


 

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