Interview

KAYLOO

KAYLOO


Si il a déjà quelques succès à son actif, Kayloo a encore une allure de rookie qui dessine le son de demain. Récemment mis en lumière par la dernière compile de Souletiquette et auparavant par le label Darker Than Wax, on est allé discuter avec l’intéressé.


PlayMyKick : Es-tu issu de l’école libre du net où as-tu suivi des cours, ou une formation ?

Kayloo : Un peu des deux. J’ai commencé par apprendre la prod sur YouTube et en pratiquant comme tout le monde. Il y a quatre ans je suis parti à New York, environ neuf mois et j’ai pu rencontrer des artistes qui m’ont permis de me développer plus rapidement. Cette année j’ai suivi une formation d’ingénieur du son, axée principalement vers le studio à Paris.

l’album Discovery de Daft Punk était pour moi une révélation.

Pmk : Rétrospectivement, quelles sont les premières productions et les premiers albums qui t’ont marqué, ceux qui t’ ont donné envie de passer du stade d’auditeur à celui de producteur ?

K : Il y en a un wagon mais pour être honnête, même si c’est un peu bateau l’album « Discovery » de Daft Punk était pour moi une révélation. Mêler si habilement des titres de l’époque avec des sonorités électroniques était complètement dingue. RATM aussi a toujours été une source d’inspiration, leur album du même nom fut mon premier achat.

Pmk : Tu travailles toujours sur des machines où tu es passé définitivement sur logiciel ?

K : Je n’ai jamais produit via des boîtes à rythme analogiques, pédales d’effets ou autres, toujours sur Maschine, Ableton et Logic. Mes seuls outils analogiques sont : un préamp et un Korg Polysix.

Pmk : Pour toi, il y a une réelle différence entre l’analogique et le software ?

K : Je ne veux en aucun cas relancer ce faux débat, mais je dirai juste que la différence est là, que ce soit un synthétiseur, une boîte à rythme ou bien des effets de mixage, le son est comme plus ‘chaud’ et à une couleur attitrée. Je pense que chaque producteur a son propre délire, le mien c’est d’utiliser les deux.

En général l’envie de sampler me vient quand j’écoute des webs radios et shazam devient à ce moment-là mon meilleur ami.

Pmk : Arrives-tu à écouter des disques en entier sans y chercher, même inconsciemment, de la matière à sampler ?

K : C’est de plus en plus rare de voir les gens écouter un album en entier et ça se comprend, vu le mode de consommation actuelle. Je me force à le faire pour certains projets mais j’ai du mal. Je ne fais quasi jamais de recherches de samples. En général l’envie de sampler me vient quand j’écoute des webs radios et shazam devient à ce moment-là mon meilleur ami.

Pmk : Musicalement, considères-tu que tu t’inscris dans la lignée de « The Sound of Tomorrow » ?

K : Je ne suis malheureusement pas fan du nom mais je pense que je peux affilier ma musique à ce style oui.

Pmk : Je te dis cela, car j’ai vu que tu figurais dans pas mal de leur radio show ?

K : En effet, j’ai dû être playlisté au moins une dizaine de fois par Soulection dans leur radio show. Un grand merci à eux !

Pmk : Darker Than Wax, fait partie des label qui comptent, comment s’est présentée l’occasion de les   rejoindre ?

K : C’est eux qui ont sorti mon premier remix de « I’m From Finland » en 2013, puis je m’entendais bien avec Dean le fondateur du label. De fil en aiguille, il m’a proposé de faire partie du roster.

Pmk : Je me suis toujours demandé, comment se passe la communication avec un label éloigné ? Un vrai échange ne te manque pas ?

K : On a fait plusieurs conversations de groupe sur Facebook et Whatsapp. C’est un peu anarchique mais on s’y retrouve. Avoir un label plus physique, avec un local et des personnes sur place c’est sûr que c’est un must et que c’est plus stable sur le long terme. Jusqu’à maintenant j’ai pu rencontrer beaucoup d’artistes du label ( Silo, Ka-yu, Melo-Z, Jasper Staal) et ça a clairement renforcé les liens entre nous.

Je fais la séparation distincte entre produire pour soi et produire pour quelqu’un. L’un est gratuit et libre, l’autre rémunéré et limité.

Pmk : J’imagine qu’ils t’ont  aiguillé dans ton approche de la production et plus généralement de la musique ?

K : Souvent en effet et je n’y tiens malheureusement pas compte la plupart du temps car j’aime ne pas avoir de contraintes quand je produis. Je fais la séparation distincte entre produire pour soi et produire pour quelqu’un. L’un est gratuit et libre, l’autre rémunéré et limité.

Pmk : Plus récemment, tu as fait partie des trois Français présents sur la compilation de Souletiquette, sensée être une vitrine des influences de demain. Est-ce une forme de reconnaissance ?

K : Je pense que oui. Souletiquette a depuis longtemps supporté les producteurs du monde entier dans ce milieu, en faire partie est un honneur. Faire des projets avec les personnes qui te motivaient au tout début, ça procure une sensation folle.

Pmk : Penses-tu à ce concept « d’innovation » quand tu composes ?

K : Je n’y pense pas vraiment lorsque je commence un son, mais quand je les réécoute sur soundcloud je me dis quand même que c’est tout et n’importe quoi au niveau des styles. Ça m’énerve de pas avoir une ligne directrice dans ce projet mais j’ai à la fois l’impression que c’est ce qui le rend original.

Pmk : Une chose qui m’étonne, c’est que tu n’as toujours pas sorti de Ep ?

K : Ah ! Une question énervante ! J’avais sorti un EP gratuit à base de sampling, il y a 2 ans sur DTW. Depuis il s’avère que plus je bosse la technique, moins j’arrive à terminer des projets. Cela fait un moment que j’essaie d’en faire un mais à chaque fois je ne suis pas pleinement satisfait.

Pmk : On peut lire la phrase « I’m not dead » sur ton dernier track. À qui s’adresse ce petit mot doux ?

K : Ce message s’adresse tout simplement aux gens qui me suivent. Beaucoup me demandaient pourquoi je ne sortais rien ces derniers mois. C’est une façon de leur dire que je reviens et en mieux.

Pmk : Est-ce que tu as ce fantasme comme beaucoup de producteurs français, de vouloir produire pour des rappeurs américains ?

K : À long terme ça doit sûrement être la situation la plus intéressante. Être bien rémunéré pour faire ce que l’on aime le plus au monde c’est quand même bien non ?

Pmk :  Tu nous réserves quoi pour cette année ?

K : Un EP ? Plus sérieusement, des collaborations avec des rappeurs / chanteurs, d’autres artistes du label, plus de singles et des EPs vinyles pour mon projet House (2018).


Thomas, le 20 Septembre 2017.


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