Chronique

KLIMEKS, LE LONG DE LA 89

KLIMEKS, LE LONG DE LA 89


Il suffit de peu de choses pour rêver. Posté à la hâte sur le web,  « 89 »  le mini album de Klimeks ne manque de cette saveur si particulière.

Klimeks nous a façonné un projet calme et secret tel le bord de mer d’une fin de journée sans gros temps, à l’heure où l’ombre recouvre les derniers scintillements du soleil. Très fortement marquée par le coté ambiant, la musique se fait abyssale. Seul face aux éléments, c’est à chaque fois dans un va-et-vient incessant, que la vague nous submerge. C’est absolument parfait pour imprimer des images vertigineuses. Entretenus par la nuée d’un relief sonore minimaliste intercalant de légères variations ici et là, notre aficionado nous sort une recette éprouvée et nous propulse sans peine sur un bord de rive au moment du coucher du soleil. Quelques rayons lumineux subsistent alors, en tentant de réchauffer une atmosphère résolument fraîche voir glaciale. Bercés par le chant des vagues on se laissera mener à la dérive, jusqu’à échouer sur les rives ensablées du bord de plage. C’est sans aucun doute le fait de tout caler sur une seule et méme piste. Par couches successives on entrera peu à peu dans un assemblage entre arrangements de synthés, voix spectrales et des échos de souterrain.

Cela donne un projet tranquille, nuageux, tirant paisiblement sur du velours. L’ensemble a été pensé astucieusement, à la cool tout se tient, la cohérence là. Un dix neuf minutes et cinq secondes de pure exode. À ce titre on restera subjugués par la beauté de « Stairway » provoquant un raz de marée de sensations.

Klimeks fait mouche avec ses boucles, en déroulant sans fausse note un mini album couleur bleue ou « blue » sournois, tout discrètement en profondeur afin de faire son office. Cette moisson constitue une très bonne mise en bouche, tout en annonçant clairement la couleur et la suite.


Thomas, 7 Décembre 2015.


 

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