Interview

KULTUR

KULTUR


Un style « slow ambiant » bien à lui et un EP certifié classic 2015. Rencontre avec le compositeur Kultur, l’un de nos coups de cœur préférés.


PlayMyKick : Aussi loin que tu te souviennes, quel a été ton premier coup de cœur musical ?

Kulture : Je pense que la première musique qui m’a vraiment marqué était « Let It Burn » de Usher. J’ai vraiment grandi autour du R’N’B, et cette musique est totalement représentative de mes goûts musicaux de mon enfance.

Pmk : Comment est né le producteur Kultur ?

K : Le projet Kultur a vraiment évolué depuis mes débuts. J’étais dans une phase de transition où je commençais à bien comprendre la production, et je voulais lancer un projet concret. J’ai commencé en faisant des sons vraiment 100% électroniques, assez dubstep, mais au fur et à mesure, mes “racines musicales” ont repris le dessus, ce qui me permet maintenant de faire des sons plus matures et plus inspirés.

Pmk : Est-ce que tu te souviens de ta première composition ?

K : Oui, et ce n’était pas beau à voir. Elle est encore sur Youtube, mais je ne donnerais aucun lien haha…

Pmk : Ton surnom est Kultur, est-ce un certain appel à l’éveil ? Est-ce une notion importante pour toi ?

K : Je n’avais jamais pensé à cette notion d’éveil, mais dans un sens oui, car j’essaie au maximum d’évoluer dans les styles de sons que je produis, les sonorités que j’utilise, et donc de faire découvrir de nouvelles choses aux gens qui écouteront.

je m’étais vraiment donné comme règle, de n’en suivre aucune justement

Pmk : Revenons sur l’EP “One day love”, tu peux nous en dire un peu plus sur l’origine du projet ?

K : Faire un EP était un projet qui me tenait vraiment à coeur. Plûtot que de sortir une track par ci, une track par là, je voulais vraiment sortir quelque chose de plus gros, de plus uniforme et de plus réflechi artistiquement parlant. Et je pense avoir réussi à faire ce que je voulais faire, car je m’étais vraiment donné comme règle, de n’en suivre aucune justement, et de faire ce que j’aime, retranscrire certaines émotions à travers de ma musique.

Pmk : Sur cet opus, tu poses les bases de ta carte de visite, un travail très pointilleux où tout est millimétré. Ça n’a pas été trop difficile de ne pas s’arrêter de travailler dessus pour le sortir ?

K : La track « One Day Love » devait justement être un single à la base, mais j’ai décidé d’écrire plusieurs tracks dans le même univers, et c’est comme ça qu’est né l’EP. L’EP s’est fait en à peu près 6 mois, et le point positif a été que je n’avais pas de deadline, donc pas de pression à me mettre. Cela m’a permis de travailler sur d’autes singles en parallèle, comme « Until Later » ou encore « Ephémère », et de faire avancer l’EP petit à petit.

ce sont surtout des étiquettes que je me suis collé malgré moi

Pmk : Lors de notre chronique on avait qualifié le 4 titres avec : « douceur, délicatesse et légèreté sont maîtresses. » On sent que ce sont des valeurs qui te tiennent à cœur, n’est-ce pas ?

K : En réalité, ce sont surtout des étiquettes que je me suis collé malgré moi, car je ne décide jamais du genre de ma musique. Toutes mes musiques se font en fonction de mon état d’esprit sur le moment, et c’est souvent cet état d’esprit et ces émotions qui sont retranscrites dans mes musiques. Mais c’est vrai, le plus souvent, mes musiques tournent autour de ces 3 mots.

Pmk : Justement, peux-tu nous en dire un peu plus sur tes racines musicales ?                 

K : J’ai majoritairement grandi en écoutant du rap ou du r&b US, qui étaient, qui sont, et qui resteront les styles musicaux qui résonnent le plus en moi, que ce soit au niveau des paroles, mais aussi au niveau des productions. Je puise beaucoup dans ces styles pour les mélanger avec des styles plus éléctroniques que j’ai découvert plus récemment.

Pmk : Il y a aussi la présence de Blest Jones et Bamiyah en featuring, pourquoi ces choix de collaboration ? 

K : Je discutais avec Bamiyah depuis pas mal de temps, c’est une chanteuse vraiment douée, et elle est arrivée à capter l’essence de mes productions pour y inclure sa voix comme je le souhaitais. Blest Jones quand à lui, m’a envoyé un mail au même moment que je cherchais un chanteur pour  « Take It Slow », et sa voix orientée R&B était parfaite pour ce morceau.

Pmk : Il y a un fort côté expérimental ambiant très slow, c’est également ta marque de fabrique ?

K : Exact, je pense que c’est la base de ma musique après tout et que tout tourne autour de ça dans mon travail. Après, je suis dans une période où ma musique évolue dans une direction en un peu plus violent, comme pour mon remix de Flume par exemple, mais le coté ambiant restera, je pense, la définition de base du projet Kultur.

Pmk : Après ce premier projet, les choses ont commencé à bouger pour toi, y a-t’il bien eu des demandes de signatures ?

K : L’EP m’a ouvert pas mal de portes comme le fait de jouer des dates à Rotterdam durant l’été, ou encore de prendre contact avec Nowadays Records.

Pmk : Tu t’es retrouvé sur la compile de Nowadays #5, par quel biais ça s’est fait ?

K : J’ai contacté Nowadays Records par email dans le but de leur faire découvrir mon travail, et après pas mal de discussions, d’une visite dans leur locaux, ils m’ont proposé de sortir un morceau sur la compilation. Ils m’ont déjà apportés pas mal de choses grâçe à leur conseil, et si tout va bien, de nouvelles choses devraient arriver avec eux.

Pmk : Est-ce qu’il y a un deuxième EP en préparation ?

K : Oui ! Il est en cours justement, et devrait voir le jour dans quelques mois je pense.

Pmk : Est-ce que tu peux nous en dire plus sur Slow hours ? Quel est ton rôle dans tout ça ?

K : Slow Hours est mon projet commun avec des amis de longue date. On a commencé la musique à peu près en même temps, et l’idée de créer quelque chose en commun nous intéressait pas mal. Je n’ai pas de rôle particulier si ce n’est d’être un des 6 artistes. Nous travaillons encore actuellement sur les premières releases du collectif, qui devraient voir le jour vers Avril/Mars.

Pmk : Est-ce un label dont tu te sens artistiquement proche ?

K : Totalement, je suis toujours à la recherche de nouveautés et de choses expérimentales. et les musiques qui sortent sur ce label sont souvent justement assez originales. Un autre label de ce type est Record Record, avec qui j’ai sorti une musique lors de la compilation Filet Mignon III l’année dernière.


La Sélection Kultur : 

Kanye West – FML

Kenton Slash Demon – Matter

Kehlani & Mr. Carmack – All In

FWDSLXSH – Enough

Vbnd – Trying To Forget

Flume – Smoke & Retribution (Ekali Remix)

George Maple – Talk Talk

TYus – City Of The Rose

Kasbo – I don’t get

Grumby – Used 2 Want U


Pmk : Est-ce que tu aimerais bosser sur des terrains qui te sont moins familiers ?

K : Faire de la musique pour des films serait quelque chose qui m’intéresserait particulièrement, mais aussi réaliser des productions pour de gros artistes, tel que Kanye WestKendrick Lamar, ou encore The Weeknd.

Pmk : Un album de chevet ?

K : Pictures On Silence de Atu. C’est à mon gôut le meilleur album que j’ai pu écouter, et je pèse mes mots. J’ai découvert cet album lorsque je cherchais à faire des musiques plus calmes. Je conseille vraiment à tout amateur de bonne musique d’écouter cet album les yeux fermés.

Pmk : Dans le meilleur des mondes, si tu as toutes les autorisations pour remixer n’importe quel titre, tu retiendrais lequel ?

K : J’ai un gros coup de coeur pour l’album « The Life Of Pablo » de Kanye West. Je dirais donc « FML », qui est une des meilleurs musiques de l’album.


Thomas, le 22 Février 2016.


 

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