Interview

MADIJUWON

MADIJUWON


À l’aube de sa première scène, Mẳdijuwon est un producteur en perpétuelle mutation. Très vite repéré par Ninetofiverecords et récemment par Fête, l’homme prend le temps de construire sa carrière. Éclairage sur une mosaïque d’influence soulful/hiphop qui trouve de plus en plus sa place dans le paysage français.


PlayMyKick : Quel a été ton premier coup de foudre musical ?

Madijuwon : Je me rappelle ce qu’écoutait ma mère quand j’étais gosse, ça allait du Michael Jackson à Tracy Chapman, en passant par Genesis et Phil Collins. Ce sont des choses qui reviennent comme de beaux souvenirs et c’est ce qui a créé mon goût pour la musique en général. Depuis toujours j’en écoute. Ma mère aimait beaucoup aussi Mc Solaar pour citer un artiste français.

Pmk : Quelles sont tes influences en terme de production ?

M : Je ne pourrais pas te citer quelque chose en particulier. Tout ce qui est BEAU peut m’inspirer. J’aime la musique dans son sens le plus large et même si ma première base reste le Hip Hop, j’aime écouter et m’inspirer de tout, du Rap, de la Soul en passant par l’Electro, la musique plus exotique ou même du Grunge. C’est ce tout qui fait en grande partie ma musique. Et c’est assez important de ne pas être bloqué par des codes, i do what i wanna do et je veux que les gens puissent s’en rendre compte.

i do what i wanna do et je veux que les gens puissent s’en rendre compte

Pmk : On sent aussi une empreinte très soulful hiphop, n’est-ce pas ?

M : Complètement ahah… On ne va pas rentrer dans les clichés mais je suis black, d’origine antillaise, j’ai grandi avec du groove dans les oreilles et j’aime le mélodieux.

Pmk :  Généralement comment travailles-tu un morceau ? 

M : La plupart du temps je construis d’abord ma rythmique, pour ensuite ainsi ajouter les instruments, samples et des vocals car j’aime beaucoup les vocals sur les tracks, (quand on fait des instru et qu’il n’y a pas de vocaliste ça met toujours un peu plus de vie et de rythme selon comment on peut couper le sample). C’est généralement comme ça que je bosse mais ça peut varier si je vois que quelque chose ne marche pas.

Pmk : Arrives-tu à avoir un regard critique sur tes anciennes productions ?

M : Je pense que comme beaucoup de beatmakers, zicos avec le temps et le recul on arrive plus facilement à se faire une idée sur ce qu’on a pu faire, sur ce qu’il faut garder, modifier ou bonifier. Moi personnellement j’ai souvent bien du mal à écouter une de mes tracks quand elle est toute récente, les heures de travail dessus ecoeurent un peu, puis avec le temps soit on se remet à l’apprécier soit on ne peut plus. Quand j’écoute une track que j’ai pu faire il y a 2 ans, ça me ramène à une époque et je me dis que du chemin a été parcouru. Parfois j’ai un peu honte ahah, mais il fallait bien passer par là.

Pmk : Avec le temps, ta façon d’écouter la musique a-t’elle évolué ?

M : Je pense qu’en me mettant à la production mon écoute de la musique a changée c’est certain, avant je ne faisais pas vraiment attention par exemple à la structure des sons. Une chose est sûre c’est qu’il m’arrive souvent de me questionner sur la manière de faire de mes « Soundcloud friends ». Quand j’aime leurs tracks. C’est fou de se dire qu’avec le même logiciel on peut arriver à tous faire quelque chose de complètement différent ! C’est de la « cuisine » et on en apprend tous l’un de l’autre.

Pmk : Comment s’est passée la rencontre avec Ninetofiverecords et Fête ?

M : Linus de Ninetofive m’a un jour envoyé un message pour me proposer de faire partie du roster, il y a un peu plus d’un an. Je pense qu’il suivait mon travail depuis quelques temps et c’était assez inattendu. Pour Fête c’était il y a peu de temps, d’un partage à l’autre Rob et Abhi m’ont contacté pour faire partie de l’équipe. Ces gars sont cools et ils font du bon boulot !

Pmk : Quel rôle jouent-t’ils dans ta musique au quotidien ?

M : Ils ont un oeil avisé sur le travail de chacun. Ça ne doit pas être évident car il y a beaucoup de beatmakers que ce soit dans  Ninetofive et Fête, mais ils sont vigilants et attentifs.

Pmk :  Tu as aussi une section « lost track » avec des beats à vendre. Est-ce une façon de différencier les productions faites « pour poser dessus » du reste ?

M : Oui exactement, je ne voulais pas m’éparpiller ! J’ai aussi énormément de gens qui me demandent des tracks que j’ai pu enlever de mon SC principal donc j’ai décidé de faire un BACK de mon soundcloud. Ça permet ainsi d’avoir une palette un peu plus large à proposer.

Pmk : De façon générale, on te retrouve avec très peu de collaborations, est-ce un choix ?

M : Parfois les propositions viennent et n’aboutissent pas. Pour le moment je me concentre assez sur ma progression et moi-même mais je ne suis pas contre des collabs, au contraire même ! J’aimerais quand même en sortir cette année. Je suis d’ailleurs sur un projet mais je n’en dis pas plus !

Je préfère prendre mon temps, être sûr de ce que je sors et que les gens soient ravis à chaque « new track of Mẳdijuwon ».

Pmk : Le nombre de tracks disponibles est assez restreint, est-ce une volonté de se faire rare ?

M : Pas spécialement, je pense que c’est une question de temps et je n’ai pas envie de produire pour produire if u know what i mean. Je préfère prendre mon temps, être sûr de ce que je sors et que les gens soient ravis à chaque « new track of Mẳdijuwon« .


La Sélection Mẳdijuwon :

SINGULARIS x EXPLORE – Moving On

T1R – Onepoto

TYCE – Already Know

Mick Jenkins – The Artful Dodger (prod. Kaytranada & THEMpeople)

Tom Misch & Carmody – Easy Love

Mo Vibez – Wild Style

Montel2099 – Possible

Lauren cruz – clandestine (whereisalex remix)

Fwdslxsh – do we

20syl – Dust Clouds


Pmk : Quels sont tes projets pour cette année ?

M : Je suis actuellement en train de travailler sur mon live, c’est une partie que je n’ai encore exploité. J’ai quelques sollicitations et il est temps de me montrer en dehors d’internet. Pour le reste ce n’est pas encore très clair, j’avance au jour le jour, j’apprécie tout ce qui se passe et je continue de bosser ! Thanks PlayMyKick pour cet interview, big up à toute l’équipe ! Merci aux gens qui soutiennent mon projet, ceux présents depuis le début et les autres, on est ensemble, c’est un TOUT.


Thomas, le 3 Mai 2016.


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