Chronique

PORTRAIT DE LE MUSE ABBI PRESS

PORTRAIT DE LE MUSE ABBI PRESS


Dirty ChocolateFallsDrip-113ObesonHnrkWin32Smitty the Bg, voilà des noms qui ne manquent pas de réputation, pourtant tous ont au moins le même point commun, celui d’avoir travaillé avec la même voix suave. Sorti de l’ombre en l’espace de seulement un an, Abbi Press a surpris le net avec des collaborations aussi bien placées que réussies. En effet, il est difficile de passer à côté de ce petit timbre fragile, qui expérimente la traversée d’un doux nuage tout rose.

Elle décrira elle-même son propre style comme de la “Soul sous ondulation” reformulée sous l’appellation “Soul-onde”, où délicatesse et profondeur tourbillonnent autour de vous pour créer cette ambiance si particulière, tout cela rebondit et se balance de tous les côtés en diffusant quelques vibes de bonheur numérique. Sa voix si reconnaissable, ses gimmick et aussi ses astucieux mélanges sont là pour ne faire qu’un seul et même corps avec le beat hypnotisent. C’est une “incandescence soul inocule”, qui résonne comme une seule note flottante suspendue au temps, rappelant parfois de faux airs de prières. Certains de ces morceaux sont réellement habités par un côté éternel donnent à sa musique un sens figé, voir même intemporel.

Le plus souvent en auto-production pour ses escapes en solo, Abbi expérimente et il n’y aura qu’à jeter un coup d’oeil sur son site pour comprendre son côté pilotage en roue libre. Pas de montée en puissance ni de grosses vocalises et un ton de voix bas, tout se passe en finesse, ou plutôt dans le ressenti. Ce sont des chansons souvent poignantes et touchantes à fleur de peau, qui se laisseront facilement glisser dans vos playlists. Le moindre de ces morceaux contient ainsi un certain niveau de zen attitude qui ne préconise rien d’autre que de prendre le temps d’apprécier les choses à leur juste valeur. Résultat des comptes : ces apparitions ne connaissent pas le temps mais seulement sa propre frontière artistique n’ayant que pour seule limite, un déluge d’émotivité. Il faut bien admettre que le coup est réussi; la muse intrigue, tout en continuant à attirer des auditeurs de partout dans le monde.


Abbi Press en trois tracks

Une voix juvénile clairement détachée et légèrement chantante bénéficiant d’un écho proche du murmure prenant la forme d’une messe basse fredonnée d’un bout de lèvre, glissant comme une petite douceur dans le creux de l’oreille. Voilà une rhétorique  récurrent chez elle qui résonne comme un rappel à l’ordre pour mieux marquer les esprits. C’est une vraie évasion en compagnie de Smitty the Bg, à la fois fragile, vertigineuse et d’une mélancolie prenante, il n’en reste pas moins un sentiment très agréable à l’écoute.

Un hit de quiétude, une voix reconnaissable dès la première note, un ton identifié dès la première mesure avec une certaine façon de faire et un beat de Falls, tout ça sonne sacrément bien. Une fois de plus, Abbi signe un classique qui lui est si propre en laissant une image plutôt précise à ce morceau; celui de l’air du chant du cygne. C’est un petit bijou consciencieusement ciselé et ce toujours avec sincérité. Ne boudons pas notre plaisir avec le bouton repeat.

Lever de rideau cette fois-ci, le registre est différent. En profitant de l’exposition amenée par Dirty Chocolate, Abbi présente un panel de nouvelles compétences avec une approche esthétique qui lui est peu commune, elle se laisse aller dans une inspiration plus R&B. En véritable figure d’outsider au féminin, il ne lui sera pas difficile de s’adapter au changement, prouvant une fois de plus qu’il lui est facile de retenir l’attention avec des bons placements. La polyvalence, tout simplement.


Thomas, le 30 Novembre 2015.


 

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