Chronique

PURPLE PARTY 2

PURPLE PARTY 2


Regroupés sous la bannière Purpleposse, voilà une belle équipe de producteurs ou plutôt une brochette de chimistes bidouilleurs comme pas deux, avec une sérieuse dose de dérision et un goût bien affirmé pour le loufoque, qui forme un gros lot de talents encore trop méconnus.

Avec leur projet commun baptisé “Purple Party 2” les joyeux drilles s’offrent tour à tour une balade sauvage dans les ruelles et font passer 42 minutes sans queue ni tête pour un grand moment, digne d’un All star game international avec ces rookies, ces statu quo et ces irremplaçables cadres, se tirant la bourre à tour de rôle. Bradé de références cinématographiques et de crossover entre thrill et trap, dilué et tripoté dans tous les sens avec des compositions à la fois éclectiques et liquides qui envoient des références à la pelle, foisonnant d’images fortes pour faire hocher les têtes et s’équilibrer sur un fil de plus en plus mince.

À l’ombre du rap traditionnel les diablotins mettent la ville à feu et à sang, dans la joie et la bonne humeur, confectionnant des morceaux ébouriffants et un peu bordéliques sur les bords, où la phonk est la maîtresse de tous les morceaux. Un style en plein ébullition, dansant sur les cadavres de la pop culture, filtrant avec du lo-fi smooth entraînant bien trappy et avec assez de bass pour déclencher l’apocalypse. Il s’agit pourtant bien d’écouter un hymne hypnotique, décomplexé avec ce petit grain de folie qui le rend indispensable où la nonchalance est de rigueur. Traversé de toute part, par cette même envie de capturer les petites mesquineries sonores et un solide sens de la déconne, ce deuxième volume donne du grain à moudre à l’auditeur qui prêtera une oreille assez attentive pour saisir l’empilement des riches qu’il emprisonne. Avec une aisance déconcertante certains tracks donnent l’impression d’avaler toutes les influences qui tournent à des kilomètres à la ronde et s’affirment de comme un point de ramification d’un esthétisme avec ses propres codes.


Thomas, le 28 Novembre 2017.


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