LA VAGUE CEZAIRE


Groove, french touch et coucher de soleil, nul doute la wave de Roche Musique fait partie des savoir-faire français qui sortent du lot. Entretien avec Cezaire, le fondateur caméléon du label, également homme touche à touche, passionnant et passionné comme jamais.


PlayMyKick : Comment est née l’idée de Roche Musique‏ ?

J’ai depuis très longtemps eu l’envie de faire de la musique mon métier, sans jamais trop savoir quoi faire, j’ai tenté plusieurs choses, dont des labels et là j’ai vu le job parfait pour moi. Après des essais infructueux, j’ai décidé de lancer Roche Musique, l’objectif était d’être le seul à bord afin d’affiner mes envies et de me développer personnellement.

Pmk : En étant originaire de Tour, les débuts n’étaient pas trop difficiles ?

On peut dire que ma ville d’origine m’a beaucoup aidé, j’y ai rencontré la plupart des artistes (FKJ, Kartell, Darius, Plage84, Katuchat). Et puis, j’ai créé le label quand j’habitais déjà à Paris. De plus, j’avais déjà un peu de réseaux dans la musique ce qui m’a aidé à développer le label calmement. Donc je ne dirais pas que les débuts furent difficiles même si j’ai vraiment commencé à 0 et dû faire des petits jobs à côté, j’ai fait les choses patiemment et par pure passion.

Le groove c’est un état d’esprit.

Pmk : Le côté groove, c’est un peu les fondations du label ?

Le groove représente nos références musicales, ça représente la Funk, la House, le Hip Hop, la soul, le RNB, le Jazz et surtout les musiques électroniques. C’est ce qui me permet de définir la musique sans être un label qui ne représente qu’un seul genre ou qui en représente trop. Je voulais une unité musicale sans m’enfermer dans un seul type de musique, je voulais réunir ensemble des musiques qui historiquement ont des rapports entre elles. Le groove c’est un état d’esprit.

 

 

Pmk : L’esthétique d’une musique douce faite pour les clubs, c’est le détail qui a fait votre différence ?

Il n’y a pas que ça. Mais c’est quelque chose qui fait partie de notre ADN. Après, écoute un Darius en club, ça tape vraiment.

Pmk : D’ailleurs, le nom du label est un hommage à Sébastien Tellier, pourquoi avoir choisi cette référence ?

En fait, j’étais allongé sur mon canap’ quand je devais trouver un nom pour le label et il se trouvait que j’écoutais le morceau Roche de Sébastien Tellier. Je n’ai pas trop réfléchi sur le moment, mais à mon avis, mon inconscient a fait le bon choix. Musicalement ce morceau parle de l’esthétique du label, quelque chose de chaud, sensuel, sexuel qui se passerait en été au soleil couchant. Oui, c’est excitant ahah !!

 

Musicalement ce morceau parle de l’esthétique du label, quelque chose de chaud, sensuel, sexuel qui se passerait en été au soleil couchant.

Pmk : Avec le “tout numérique”, le rôle d’un label est un plutôt opaque. Si vous devez en donner une définition, ça donnerait quoi ?

Pour nous on se sent plus qu’un label, on est une famille avant tout. De plus, notre label aide les artistes sur plus de choses que de vendre leur musique. On a lancé, il y a bientôt un an, une structure qui s’appelle « Divine » et qui fait office d’agence de booking, cela apporte des dates aux artistes, on fait des efforts sur l’artistique (clips, visuelles…). On essaye d’aider les artistes au maximum, notre objectif est qu’ils vivent de la musique, nous essayons d’être un vrai support !

Pmk : Est-ce que vous pourriez nous décrire une journée type de chez Roche Musique ?

Ma journée type change tous les jours. Si je suis en tournée, ou au bureau ou au studio, mon jour ne sera pas le même. J’aime ce côté changeant de mon travail, je ne rentre pas dans la routine. J’aime aussi ce côté nomade du travail moderne, pouvoir être à n’importe quel endroit de la planète mais quand même réussir à avancer sur mes projets. Je pense que c’est une des qualités à avoir dans ce monde en plein changement.

Pmk : Au quotidien, quelle est votre relation avec les différents producteurs rattachés au label ?

Ce sont de vrais amis, on va au resto, on part en vacances ensemble, on sort en soirée. Côté travail, j’ai le rôle d’artiste et c’est ce que je veux cultiver. Nous avons une équipe dans le label qui me permet de ne pas avoir de discussions d’ordre financier ou contractuel avec eux. C’est comme ça que je me sens bien.

Pmk : Est-ce que vous les aiguillez artistiquement parlant ?

On se parle beaucoup de musique, mais ils ont leur choix artistique perso.

Il faut dire qu’en Europe, la culture est bien plus affutée que chez nos compères américains.

Pmk : Avec le temps certains labels en Europe rivalisent de plus en plus avec les labels américains. Quel est votre regard sur cette montée en puissance ?

Ça existe depuis toujours, l’Europe n’a jamais été à plaindre surtout dans des musiques plus underground. Les anglais notamment ont envoyé quelques beaux labels. Il faut dire qu’en Europe, la culture est bien plus affutée que chez nos compères américains. Même si je trouve que récemment des labels comme Soulection ou HW&H ont fait preuve d’une grande ouverture, Fool’s gold aussi m’a bien bluffé récemment.

Pmk : Les producteurs comme Kartell et FKJ ont amené un éclairage plutôt important. Avec le recul quel rôle ont-ils joué au quotidien ?

Ce sont les deux artistes que j’ai managés au début, on a fait nos armes ensembles, voir où ils en sont maintenant me fait tellement plaisir. Dans tous les cas, ce sont les fers de lance du label et ils ont un rôle d’ambassadeurs du label, ils nous représentent bien et j’en suis fier.

Si je peux vous rassurer la France a encore la cote. C’est même impressionnant.

Pmk : Le catalogue est assez solide, vous arrive-t-il de tester des morceaux en Dj set, avant leur diffusion officielle, histoire de prendre la température ?

Pas vraiment non, on les teste en studio, surtout que la plupart de nos morceaux ne sont pas Club friendly. Mais en réalité c’est plutôt une bonne idée là.

Pmk : Est-ce que la French Touch fait encore office de belle carte de visite, hors de nos frontières ?

Si je peux vous rassurer la France a encore la cote. C’est même impressionnant. Cela motive vraiment à représenter la France sous ses plus belles coutures. Donc la vraie carte de visite, c’est La France, sa capitale Paris, son goût pour le vin et la nourriture, la mode, et bien sûr sa musique.

il faut croire en ses rêves et les cultiver, tout est possible.

Pmk : Après toutes ces années, quelle est la chose la plus fondamentale que vous ayez apprise ?

Je pense que j’ai appris vraiment beaucoup de choses après ces cinq ans, il est dur de n’en sortir qu’une, mais si je devais en garder qu’une, je dirais qu’il faut croire en ses rêves et les cultiver, tout est possible.


 Thomas, le 10 Novembre 2017.


UN POESIE NOMMEE « THE NIGHTBIRDS »


Le temps d’une poésie, les membres de l’équipe Roche Musique, Wayne Snow, FKJ, Darius et Crayon s’associent pour un verset nommé « The Nightbirds ». Le trois titres s’apparentent à une longue traversée à bord d’une soucoupe volante. Au fil des mesures, on dérive d’étoile en étoile, poussé par le souffle magique d’un chant suave aux intonations flottantes. L’exploration des harmonies commence délicatement  pour finir en extase sur l’anneau de saturne. L’objet non identifié nous fait vibrer avec une traînée d’accords d’un soft sensuel donnant une ambiance abstract bien dosée, qui ravira les plus noctambules d’entre nous. Accrocheurs et spontanés, les garçons livrent une pépite qui donne envie de tout lâcher pour contempler l’horizon du haut de la ville, tempo ralenti pour une promenade de toit en fenêtre, tout semble survoler comme l’air chaud d’un été, transportant lentement une somptueuse fébrilité à chaque boucle.

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Mais le quatuor ne s’arrête pas seulement là : il réinterprète le projet dans une version court métrage d’auteur entre jam session et déambulations nocturnes. Une relecture en slow motion, qui révèle la seconde nature quasi-multisensationnelle, transformant l’écoute en une expérience un peu plus intimiste, pour plus de plaisir. La traversée abyssale devient alors un petit nuage visuel et auditif, qui se vit, s’écoute et surtout se ressent.


Thomas, le 24 Juillet 2017.