PURPLE PARTY 2


Regroupés sous la bannière Purpleposse, voilà une belle équipe de producteurs ou plutôt une brochette de chimistes bidouilleurs comme pas deux, avec une sérieuse dose de dérision et un goût bien affirmé pour le loufoque, qui forme un gros lot de talents encore trop méconnus.

Avec leur projet commun baptisé “Purple Party 2” les joyeux drilles s’offrent tour à tour une balade sauvage dans les ruelles et font passer 42 minutes sans queue ni tête pour un grand moment, digne d’un All star game international avec ces rookies, ces statu quo et ces irremplaçables cadres, se tirant la bourre à tour de rôle. Bradé de références cinématographiques et de crossover entre thrill et trap, dilué et tripoté dans tous les sens avec des compositions à la fois éclectiques et liquides qui envoient des références à la pelle, foisonnant d’images fortes pour faire hocher les têtes et s’équilibrer sur un fil de plus en plus mince.

À l’ombre du rap traditionnel les diablotins mettent la ville à feu et à sang, dans la joie et la bonne humeur, confectionnant des morceaux ébouriffants et un peu bordéliques sur les bords, où la phonk est la maîtresse de tous les morceaux. Un style en plein ébullition, dansant sur les cadavres de la pop culture, filtrant avec du lo-fi smooth entraînant bien trappy et avec assez de bass pour déclencher l’apocalypse. Il s’agit pourtant bien d’écouter un hymne hypnotique, décomplexé avec ce petit grain de folie qui le rend indispensable où la nonchalance est de rigueur. Traversé de toute part, par cette même envie de capturer les petites mesquineries sonores et un solide sens de la déconne, ce deuxième volume donne du grain à moudre à l’auditeur qui prêtera une oreille assez attentive pour saisir l’empilement des riches qu’il emprisonne. Avec une aisance déconcertante certains tracks donnent l’impression d’avaler toutes les influences qui tournent à des kilomètres à la ronde et s’affirment de comme un point de ramification d’un esthétisme avec ses propres codes.


Thomas, le 28 Novembre 2017.


TRAPSOUL RADIO


À l’heure où les nouveaux genres poussent comme des champignons dans l’écosphère virtuelle, TrapSoul Radio propose une belle vitrine des différents registres, comme un point de rencontre à la croisée de plusieurs influences avec goût non déplaisant pour la découverte, de nouveaux artistes. Rencontre avec son fondateur Alkakris.


PlayMyKick : Est-ce que tu peux faire une brève présentation du concept Trapsoul Radio ?

Alkakris : Trapsoul Radio est une chaîne dans laquelle des artistes (producteurs, beatmakers, chanteurs…) qui ont leurs propres univers, partagent les petits sons qui les font vibrer, en ajoutant parfois, selon les artistes, leurs propres sons puis le tout est mixé par moi Alkakris. Cependant, le but premier de Trapsoul Radio c’est vraiment de faire découvrir une nouvelle vibe aux personnes qui écoutent et découvrent Soundcloud et pouvoir diversifier leurs écoutes un maximum tout en restant sur le même thème musicalement parlant. Mais bon, si on devait globaliser le concept je dirais que c’est surtout du partage.

Ma motivation… Je dirais que c’est d’abord surtout “le love” que j’ai pour la musique.

Pmk : Quelle est ta motivation derrière tout ça ?

A : Ma motivation… Je dirais que c’est d’abord surtout “le love” que j’ai pour la musique. C’est les musiques Soundcloud particulièrement qui m’ont permis de trouver et créer mon univers. Mais parallèlement à cet amour je dirais que c’est surtout une envie de créer une communauté qui adhérerait à chaque petit projet créé par Trapsoul, et surtout mettre en valeur de vrais / bons talents et tuer cet esprit commercial que le monde de la musique d’aujourd’hui connaît… Être authentique.

Pmk : Comment ça se passe pour la programmation, y a-t-il des critères particuliers à respecter ?

A : « Critère » en soit je ne sais pas si c’est vraiment le mot, je dirais que c’est vraiment plus du feeling. Lorsque je choisis un artiste c’est vraiment que je trouve que l’artiste dégage quelque chose, un petit truc qui me donne envie d’inviter l’artiste à collaborer. Après c’est vrai que je vais pas inviter des artistes « reggae » mais imaginons que Jaden Smith aurait été un artiste Soundcloud peu connu, bien sûr il faut imaginer… Je l’aurais invité sans hésiter parce que la musique qu’il fait est dans le thème certes, mais il dégage à la fois quelque chose de remarquable et c’est vraiment ce genre de profil que je cherche, donc les recherches sont assez laborieuses.

Pmk : Justement, la sélection est très diversifiée, comment tu fais pour t’y retrouver à travers tous ces styles ?

A : Je pense que je m’y retrouve facilement parce que finalement Trapsoul est étroitement lié à tous les styles que j’aborde, que ça soit de la trap, de la baile funk, de la neo-soul, du rap, de l’alternative, etc. C’est vraiment une histoire de sonorités si je puis dire, c’est beaucoup du feeling, et ce feeling inconsciemment lorsque t’écoutes un des mix tu le ressens et tu te dis “ouais ça coule dans l’oreille, c’est pur ».

Pmk : Est-ce que tu prêtes une oreille aux autres radios show ?

A : Oui bien sûr, enfin surtout à une… Soulection, qui est dans le même esprit que Trapsoul, qui a beaucoup plus d’influences mais qui est américaine tandis que moi j’essaie d’apporter cet vibe en France qui est connu seulement par les « Soundcloud addict ». Mais oui Soulection m’a beaucoup inspiré.

Pmk : Quel est ton regard sur les formats classiques des radios actuelles ?

A : Finalement je n’ai jamais vraiment été influencé par ce genre de radio, c’est bien pour les infos dans la voiture mais sinon tout ce qui est NRJ, Skyrock, etc., ça m’a toujours plus énervé qu’autre chose, parce qu’ils arrivent à passer 10 fois le même morceau bien commercial alors qu’il pourrait faire clairement découvrir de nouvelles têtes aux publics et je trouve ça dommage qu’il reste sur l’aspect commercial de la musique. Après ils ont leurs auditeurs du coup, je ne peux pas non plus critiquer leurs réussites mais je trouve ça regrettable.

Pmk : De plus en plus, on assiste à l’explosion des web radios, est-ce que tu penses appartenir à un mouvement ?

A : Je pense que oui clairement, la créativité musicale n’a cessé d’augmenter, tout comme les différents styles. Et ces différentes web radios se spécifient dans chacun des styles disponibles et comme aujourd’hui les auditeurs aiment bien trouver des choses claires et précises sur le style qu’ils aimeraient écouter. Je pense que c’est surtout dû à ça que la plupart des web radios percent.

Pmk : Est-ce que tu as eu des soucis avec tout ce qu’est droits d’auteur ? Comment tu gères cela au quotidien ?

A : Absolument pas, parce que finalement la plupart des sons proposés par les artistes sont soient leurs propres sons ou des sons de Soundcloud qu’ils choisissent ou encore avec d’autres sons que je mets mais toujours de Soundcloud, venant d’artiste qui peuvent avoir 100 comme 50000 followers. Le but est vraiment de mettre en avant la qualité et pas la notoriété, donc c’est possible qu’un petit artiste qui a fait un son “love” se trouve dans un des mix sans qu’il le sache.

Pmk : Cela fera un an que Trapsoul existe, en regardant en arrière, c’était quoi le plus compliqué ?

A : Un an pas vraiment parce que j’ai vraiment commencé Trapsoul Radio en avril 2017 mais c’est vrai qu’à la base je voulais que Trapsoul soit en label en 2016. Mais après j’ai abandonné, je trouvais que le projet était moyen… Mais dans ce projet ce qui est vraiment compliqué, je dirais que c’est la patience, le temps de se faire connaître. Mais sinon en ce qui concerne les retours de personnes qui écoutent Trapsoul pour la première fois, etc., je trouve que c’est vraiment pas mal pour l’instant, en si peu de temps même si mon but est de toucher 20 fois plus de personnes, je suis content. Il faut bien commencer en bas pour arriver au sommet ! ahah !!

on s’est américanisé tout en gardant notre identité française.

Pmk : Que penses-tu de la manière dont ont évolué les musiques francophones ces dernières années ?

A : Je trouve qu’on s’est américanisé tout en gardant notre identité française. Aujourd’hui tu peux vraiment t’ambiancer avec des sons français comme si c’était du Migos et je trouve que déjà ça c’est dingue. Mais sinon, oui l’évolution dans tous styles confondus est assez cool. Je pense que les Français ont compris que s’ils veulent percer, il faut amener quelque chose de nouveau. Et selon moi, les Français sont les rois de la créativité donc parfois, il y a de vraies pépites qui impressionnent toujours un peu plus dans leurs évolutions, qui innovent à chaque fois et je trouve ça vraiment respectable. Shout out to « Gracy Hopkins« 

Pmk : Est-ce que tu peux nous lâcher un ou deux noms qui seront présents pour 2018 ?

A : Là, c’est pas encore bien précis mais normalement je vais essayer d’inviter Killason qui a justement son propre univers, non négligeable. Et je vais aussi essayer de contacter Gracy Hopkins qui est vraiment pour moi l’artiste à suivre de près, il mérite vraiment une notoriété folle selon moi. En tout cas merci à vous PlayMyKick de s’être arrêté sur Trapsoul, ça donne vraiment de la force et franchement love sur vous, je vous souhaite que du bien et oubliez pas… Trapsoul France arrive doucement mais sûrement ! À méditer ! ahah !!


Thomas, le 23 Novembre 2017.


NXXXXXS, À LA CROISÉE DES GENRES


Prenez un dénicheur du web, une influence à 360 degrés, une bonne dose de samples, ajoutez une passion débordante pour les scènes de films et vous obtiendrez Nxxxxxs, un producteur haut en couleur, qui s’est forgé une place de choix dans le paysage sonore en multipliant les parallèles entre son et image.


PlayMyKick : J’ai la sensation que tu composes souvent un film pour aveugle ?

Nxxxxxs : Oui j’ai toujours des images en tête en écoutant de la musique.

Pmk : Que se soit dans le choix de ton blaze de producteur, les miniatures ou dans la réalisation, le côté visuel est très important. De quelle façon les images ont influencé ta manière de produire ?

N : De plus en plus je compose ma musique en m’inspirant d’images que j’ai en tête ou de scènes de films, au lieu de faire le contraire. Je pars d’une scène en particulier et je vois quels types de sons ça m’inspire.

Je pars d’une scène en particulier et je vois quels types de sons ça m’inspire.

Pmk : Justement, te souviens-tu du premier film qui t’a marqué ?

N : Probablement « Ghost Dog » de Jarmusch, je l’ai vu plusieurs fois à des âges différents et j’aime pour une nouvelle raison à chaque fois. J’ai toujours aimé les balades du personnage pendant la nuit, ses choix de musique, on le voit souvent choisir un CD en fonction de l’ambiance. Y’a une scène où il roule en voiture la nuit et on entend presque tout le morceau joué ce qui est assez rare dans un film (le morceau c’est de Killah Priest, un affilié de wu tang, je me souviens pas du nom), ou vers la fin il s’apprête à aller tuer quelqu’un et il écoute une musique orientale, probablement une musique de guerre.

Pmk : Et si tu pourrais refaire une B.O. d’un film, ça serait lequel ?

N : Je sais pas si je voudrais refaire une B.O. ça voudrait dire que j’ai pas aimé l’original. Récemment j’ai bien aimé celle de « Good Time », celle de « It follows » est bien aussi. Je crois que j’aimerais bien faire la B.O. d’un film d’horreur.

Pmk : La nostalgie est un thème assez récurent de ton dernier album Remember Last Summer, beaucoup de passages vaporwave renvoient aux années du passé. Pourquoi avoir pris un tel parti-pris ?

N : Je suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de nostalgie dans cet album, ça serait plus dans Synthetic Corporation. « Remember Last Summer » c’est juste une référence à « Souviens-toi l’été dernier », « I know what you did last summer » en anglais Cet album était plus inspiré des films d’horreur des années 90 dont j’aime beaucoup l’esthétique

Pmk : Il y a un brassage assez conséquent de références dans ta musique, c’est un peu ta marque de fabrique ?

N : Vu que je m’inspire principalement de scènes de films je mets parfois un extrait de la scène en question pour que ça touche plus les gens qui écoutent.

Pmk : Comment arrives-tu à trouver un équilibre entre toutes ces influences ?

N : Je pense pas qu’il y ait de l’équilibre, je suis vraiment pas quelqu’un d’ordonné ou équilibré je fais juste ce que j’ai en tête au moment où je le fais. Après si je décide d’un sujet je sais quand même le garder, mais j’avoue que j’ai pas vraiment envie de lier tout ce que je fais avec une raison précise. Ou alors il y a une raison qui se crée elle-même et que je connais pas.

Pmk : Le sample et toi, c’est comme une longue histoire d’amour, dur de s’en défaire ?

N : C’est un outil comme un autre, parfois il y a des sons et des sonorités que je peux pas recomposer pour certaines raisons, et c’est là que le sample est utile.

Pmk : As-tu une technique particulière pour chercher de bons samples ?

N : Non je dois pas être très bon parce que je passe des heures à en chercher sans en trouver qui me plaisent.

un mec de ASAP qui devait faire un remix de Lil Bit

Pmk : Comment s’est faite la connexion avec Ta-Ra ?

N : Je lui ai envoyé des instrus après avoir entendu « Melon Soda », elle en a sélectionné aucune. Et plus tard elle avait besoin d’instru elle est allée sur mon soundcloud et elle a trouvé l’instru de « Lil Bit ». Après on était pas trop en contact, elle m’a rappelé un an après je crois, parce que y avait un mec de ASAP qui devait faire un remix de « Lil Bit » malheureusement ça s’est pas fait. Et ensuite je suis devenu son DJ pour ses concerts.

 

Pmk : Dernièrement, votre dernière collaboration « Kawasaki Ninja » a été relayé sur The Fader, pourtant ces apparitions sont assez discrètes. Elle est un peu comme le secret le mieux gardé de la scène actuelle ?

N : C’est pas moi qui ai fait la prod de « Kawasaki Ninja » c’est Lil Ninety, moi j’ai fait la musique qu’il y a dans la sorte d’interlude dans son clip. Oui elle est assez discrète mais c’est parce qu’elle travaille de son côté, elle a du nouveau très bientôt.

Pmk : Est-ce que vous avez d’autres morceaux en préparation ?

N : Oui on a toujours des projets en cours.

Pmk : Dans un interview précédent, Senpu nous confiait partager la même vision de l’art avec toi ?

N : Oui on arrive à bien travailler ensemble, on a plusieurs projets et collab avec des bons artistes qui arrivent. On en a vraiment pas mal d’ailleurs ça m’y fait penser, on a juste à mixer les morceaux et en finir 3 ou 4 en plus.

Pmk : Tu t’es essayé aussi aux clips, comment abordes-tu l’aspect réalisation ?

Jusqu’ici j’ai juste essayé de recréer les images qu’il y avait dans ma tête. C’est un peu frustrant parce que j’ai toujours pas réussi à faire exactement ce que je voulais mais je m’en approche et m’améliore à chaque nouveau projet. J’ai tout le temps des nouvelles idées donc c’est très « excitant ».

Pmk : Certains passages me rappellent les clips d’un certain Yung Lean. Est-ce une source d’inspiration ?

N : Yung Lean c’est un de mes artistes préférés dans mon top trois c’est sûr ! Pour la musique c’est bien sûr une source d’inspiration, lui et ses producteurs White Armor et Gud. Par contre pas au niveau des clips. Sauf son court métrage pour « Stranger » qui est magnifique.

Pmk : Est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur la nébuleuse Syntheticcorporation ?

N : Je m’en sers pour élargir mon travail et ne pas rester coincé dans la musique. Avec ça je peux faire tout ce que je veux, autant de la musique que de la vidéo ,des habits, de la réal, etc. Et je veux vraiment le séparer de NxxxxxS, Synthetic Corporation  ≠ NXXXXXS. Pour l’instant, je suis le seul à travailler dessus parce que je lance le projet mais c’est pas impossible que d’autres personnes me rejoignent plus tard, si nos idées et envies correspondent.

Je pense que cette scène alternative est déjà finie et qu’on doit s’adapter pour faire d’autres choses.

Pmk : Penses-tu faire partie toi et d’autres producteurs comme Krampf, Kool Trasher, Soudiere, etc d’une scène alternative en pleine émergence ?

N : Je pense que cette scène alternative est déjà finie et qu’on doit s’adapter pour faire d’autres choses.

Pmk : Dans un interview pour le journal le monde l’article est titrer “dénicheur de sons aux tréfonds du Web”, finalement est-ce que ce n’est pas la bonne définition d’un producteur en 2017 ?

N : Si on travaille que avec des samples trouvés sur internet oui, mais sinon je pense que l’inspiration ne vient pas que des samples ou d’internet c’est beaucoup plus large.

Pmk : Y aura-t-il une suite à « Remember Last Summer » ?

N : Non ça aurait pas de sens je pense, c’était un projet / concept entier avec un début et une fin. Et j’en trouverai un nouveau pour un nouvel album.


Thomas, le 17 Novembre 2014.


 

LA VAGUE CEZAIRE


Groove, french touch et coucher de soleil, nul doute la wave de Roche Musique fait partie des savoir-faire français qui sortent du lot. Entretien avec Cezaire, le fondateur caméléon du label, également homme touche à touche, passionnant et passionné comme jamais.


PlayMyKick : Comment est née l’idée de Roche Musique‏ ?

J’ai depuis très longtemps eu l’envie de faire de la musique mon métier, sans jamais trop savoir quoi faire, j’ai tenté plusieurs choses, dont des labels et là j’ai vu le job parfait pour moi. Après des essais infructueux, j’ai décidé de lancer Roche Musique, l’objectif était d’être le seul à bord afin d’affiner mes envies et de me développer personnellement.

Pmk : En étant originaire de Tour, les débuts n’étaient pas trop difficiles ?

On peut dire que ma ville d’origine m’a beaucoup aidé, j’y ai rencontré la plupart des artistes (FKJ, Kartell, Darius, Plage84, Katuchat). Et puis, j’ai créé le label quand j’habitais déjà à Paris. De plus, j’avais déjà un peu de réseaux dans la musique ce qui m’a aidé à développer le label calmement. Donc je ne dirais pas que les débuts furent difficiles même si j’ai vraiment commencé à 0 et dû faire des petits jobs à côté, j’ai fait les choses patiemment et par pure passion.

Le groove c’est un état d’esprit.

Pmk : Le côté groove, c’est un peu les fondations du label ?

Le groove représente nos références musicales, ça représente la Funk, la House, le Hip Hop, la soul, le RNB, le Jazz et surtout les musiques électroniques. C’est ce qui me permet de définir la musique sans être un label qui ne représente qu’un seul genre ou qui en représente trop. Je voulais une unité musicale sans m’enfermer dans un seul type de musique, je voulais réunir ensemble des musiques qui historiquement ont des rapports entre elles. Le groove c’est un état d’esprit.

 

 

Pmk : L’esthétique d’une musique douce faite pour les clubs, c’est le détail qui a fait votre différence ?

Il n’y a pas que ça. Mais c’est quelque chose qui fait partie de notre ADN. Après, écoute un Darius en club, ça tape vraiment.

Pmk : D’ailleurs, le nom du label est un hommage à Sébastien Tellier, pourquoi avoir choisi cette référence ?

En fait, j’étais allongé sur mon canap’ quand je devais trouver un nom pour le label et il se trouvait que j’écoutais le morceau Roche de Sébastien Tellier. Je n’ai pas trop réfléchi sur le moment, mais à mon avis, mon inconscient a fait le bon choix. Musicalement ce morceau parle de l’esthétique du label, quelque chose de chaud, sensuel, sexuel qui se passerait en été au soleil couchant. Oui, c’est excitant ahah !!

 

Musicalement ce morceau parle de l’esthétique du label, quelque chose de chaud, sensuel, sexuel qui se passerait en été au soleil couchant.

Pmk : Avec le “tout numérique”, le rôle d’un label est un plutôt opaque. Si vous devez en donner une définition, ça donnerait quoi ?

Pour nous on se sent plus qu’un label, on est une famille avant tout. De plus, notre label aide les artistes sur plus de choses que de vendre leur musique. On a lancé, il y a bientôt un an, une structure qui s’appelle « Divine » et qui fait office d’agence de booking, cela apporte des dates aux artistes, on fait des efforts sur l’artistique (clips, visuelles…). On essaye d’aider les artistes au maximum, notre objectif est qu’ils vivent de la musique, nous essayons d’être un vrai support !

Pmk : Est-ce que vous pourriez nous décrire une journée type de chez Roche Musique ?

Ma journée type change tous les jours. Si je suis en tournée, ou au bureau ou au studio, mon jour ne sera pas le même. J’aime ce côté changeant de mon travail, je ne rentre pas dans la routine. J’aime aussi ce côté nomade du travail moderne, pouvoir être à n’importe quel endroit de la planète mais quand même réussir à avancer sur mes projets. Je pense que c’est une des qualités à avoir dans ce monde en plein changement.

Pmk : Au quotidien, quelle est votre relation avec les différents producteurs rattachés au label ?

Ce sont de vrais amis, on va au resto, on part en vacances ensemble, on sort en soirée. Côté travail, j’ai le rôle d’artiste et c’est ce que je veux cultiver. Nous avons une équipe dans le label qui me permet de ne pas avoir de discussions d’ordre financier ou contractuel avec eux. C’est comme ça que je me sens bien.

Pmk : Est-ce que vous les aiguillez artistiquement parlant ?

On se parle beaucoup de musique, mais ils ont leur choix artistique perso.

Il faut dire qu’en Europe, la culture est bien plus affutée que chez nos compères américains.

Pmk : Avec le temps certains labels en Europe rivalisent de plus en plus avec les labels américains. Quel est votre regard sur cette montée en puissance ?

Ça existe depuis toujours, l’Europe n’a jamais été à plaindre surtout dans des musiques plus underground. Les anglais notamment ont envoyé quelques beaux labels. Il faut dire qu’en Europe, la culture est bien plus affutée que chez nos compères américains. Même si je trouve que récemment des labels comme Soulection ou HW&H ont fait preuve d’une grande ouverture, Fool’s gold aussi m’a bien bluffé récemment.

Pmk : Les producteurs comme Kartell et FKJ ont amené un éclairage plutôt important. Avec le recul quel rôle ont-ils joué au quotidien ?

Ce sont les deux artistes que j’ai managés au début, on a fait nos armes ensembles, voir où ils en sont maintenant me fait tellement plaisir. Dans tous les cas, ce sont les fers de lance du label et ils ont un rôle d’ambassadeurs du label, ils nous représentent bien et j’en suis fier.

Si je peux vous rassurer la France a encore la cote. C’est même impressionnant.

Pmk : Le catalogue est assez solide, vous arrive-t-il de tester des morceaux en Dj set, avant leur diffusion officielle, histoire de prendre la température ?

Pas vraiment non, on les teste en studio, surtout que la plupart de nos morceaux ne sont pas Club friendly. Mais en réalité c’est plutôt une bonne idée là.

Pmk : Est-ce que la French Touch fait encore office de belle carte de visite, hors de nos frontières ?

Si je peux vous rassurer la France a encore la cote. C’est même impressionnant. Cela motive vraiment à représenter la France sous ses plus belles coutures. Donc la vraie carte de visite, c’est La France, sa capitale Paris, son goût pour le vin et la nourriture, la mode, et bien sûr sa musique.

il faut croire en ses rêves et les cultiver, tout est possible.

Pmk : Après toutes ces années, quelle est la chose la plus fondamentale que vous ayez apprise ?

Je pense que j’ai appris vraiment beaucoup de choses après ces cinq ans, il est dur de n’en sortir qu’une, mais si je devais en garder qu’une, je dirais qu’il faut croire en ses rêves et les cultiver, tout est possible.


 Thomas, le 10 Novembre 2017.


Independent Label Market


Independent Label Market, cette appellation ne vous dit peut-être rien pourtant cette organisation a pris le pari fou de réconcilier le public avec la vente physique, tout en faisant connaître un maximum de labels indépendants dans chaque ville où elle passe.


PlayMyKick : Quelle est la démarche derrière Independent Label Market ?

Independent Label Market : L’idée est d’animer un événement où les gens peuvent sortir et acheter des disques tout en dégustant une bière et en écoutant de la bonne musique !

Pmk : Comment est venue l’idée ?

ILM : J’ai essayé de diriger le stand de merchandising lors d’un concert pour l’un des groupes de mon label et j’ai vraiment apprécié la vente de la musique avec laquelle j’avais été impliqué. J’ai trouvé qu’il était facile de parler des disques et de faire des échanges avec les clients et que c’était une bonne façon d’acheter de la musique.

Nous avons été à Londres, New York, LA, Toronto, Glasgow, Edimbourg, Bristol, Berlin, Barcelone, Rome et Paris !

Pmk : Independent Label Market, c’est combien d’années, pour combien d’éditions, pour combien
de pays ?

ILM : Ahh je ne sais pas, difficile de compter ! Nous avons été à Londres, New York, LA, Toronto, Glasgow, Edimbourg, Bristol, Berlin, Barcelone, Rome et Paris ! Il y aura plus de villes lancées l’année prochaine aussi.

Pmk : Pourquoi s’être tourné vers les indépendants ? 

ILM : Les indépendants libèrent de la bonne musique !

 

Pmk : Comment s’articule la sélection des stands ? Vous démarchez les labels ou à l’inverse, c’est eux qui vous sollicitent ?

ILM : Un peu des deux. L’événement est ouvert à tous mais nous essayons toujours de réserver des places à ceux que nous aimons aussi.

les indépendants sont dans une position où ils sont moins pressés par les forces du marché et peuvent donc prendre plus de risques

Pmk : D’après vous l’avenir musical s’écrit forcément en indépendant ?

ILM : Je pense qu’il a toujours été le cas où les indépendants sont dans une position où ils sont moins pressés par les forces du marché et peuvent donc prendre plus de risques et sortir de la musique plus obscure et stimulante. Les artistes pionniers ont plus de marge de manœuvre de la part des indépendants et c’est le genre de musique révolutionnaire qu’ils créent qui influence souvent le courant dominant, alors oui, on pourrait dire que l’avenir musical est écrit par des indépendants.

Pmk : À l’heure de la musique numérique, quelle place peut encore occuper la vente physique ?

ILM : Les ventes de vinyles augmentent d’année en année, les gens aiment avoir une interaction physique avec des artistes qu’ils aiment vraiment. Également chez Independent Label Market, l’aspect social de la fréquentation des amis et de la navigation est un bon contrepoint à l’expérience plus solitaire de la consommation de musique numérique, qui se fait via des comptes en streaming, des appareils mobiles et des casques.

J’adorerais voir Jay Z mixer.

Pmk : Pour vous, y a-t-il un retour d’une consommation collective de la musique, en dehors des
concerts ?

ILM : De mon expérience à nos événements, il semblerait que la musique soit définitivement quelque chose à apprécier avec des amis aussi bien que par vous-même.

Pmk : En septembre, vous avez reçu l’Award de « L’Indie Champion », vous pouvez nous en dire un plus sur cette victoire ?

ILM : Ce fut un réel honneur de l’avoir reçu et vraiment sympa que l’événement soit reconnu de cette manière, bien que cela est un témoignage des labels, ils font de l’événement une chose spéciale !

Pmk : Y a-t-il encore des labels avec qui vous voudriez atteindre ?

ILM : Roc Nation. J’adorerais voir Jay Z mixer.


Thomas, le 27 Octobre 2017.


34 TRESORS CACHES DE BANDCAMP


En bon chercheur de vibes venues du futur, il ne faut jamais s’arrêter de creuser dans le pixel d’internet pour trouver la pépite, que vous soulèverez tel le Saint Graal de la découverte musicale qui occupera vos pensées nuit et jour, dans les mois à venir avec les doigts rougis par les touches du clavier et l’index fracturé par le nombre de cliques sur la souris.

En bon samaritain, la plateforme d’achats de musique Bandcamp est partie en éclaireur, pour nous soulager un peu le travail. Après une expédition rudement menée, ils sont revenus avec un trésor de guerre de 34 Beat Tapes, sélectionner auprès de producteurs inconnus au bataillon ou plus renommés dans les contrées de la blogsphère. Un bon tir groupé aux petits oignons qui satisfait les plus exigeants d’entre nous : de l’électro au jazz, en passant par la baile funk et la soul sans oublier les sonorités rétro gaming ou le pur instrumental, toute la panoplie du monde de tape a été déterrée pour les plus mélomanes d’entre nous. Parmi tout cet étalage de talents, quatre échantillons ont particulièrement retenu notre attention.


Si Daedelus n’est plus à présenter ; sa commémoration de ses passages dans « Lives at Low End Theory » est toujours un moment d’écoute particulière. Pivot central de la scène de L.A., les soirées Low End Theory regroupent les meilleurs producteurs avec une palette à 360 degrés de ce qui se fait de mieux dans la musique de club aujourd’hui : futuriste, éclectique en diable, mélangeant hip hop, musiques électroniques, bass music ou psychédélisme. Régulièrement baptisé le parrain de la scène underground de Los Angeles, Daedelus fait danser la foule avec un set mélangeant rave américaine, tropicalité poussiéreuse et des percussions palpitantes, que l’on redécouvre dans un live show de 15 pistes tout droit venues d’un autre monde.

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Un objet, musicalement non identifié, flotte dans l’air. Si Steel Tipped Dove est connu pour travailler avec la scène clé de l’underground new-yorkaise, il possède un goût certain pour l’expérimentation. Ce 11 titres navigue sans cesse entre deux mondes avec un sens subtil de la surprise, deux ambiances cohabitent se partageant la vedette à tour de rôle sans jamais relâcher la pression, entre stress de film d’horreur et balade légère, on ne sait jamais à quel sauce on va être mangé. Les refrains fredonnés laissent vite place aux bourdonnements et autres cris stridents, mélangés à de sinistres bruits de porte et de fermetures en opposition au tempo lent sur rythme électro pour monter petit à petit en pression. L’expérience ne s’écoute pas, elle se vit. Morceau après morceau, le producteur de Brooklyn arrive à les faire coïncider, à les opposer, tel le plus et le moins de deux aimants.

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Si environ trente ans nous séparent de Zelda, le jeu continue d’exister pas seulement à travers des nouvelles éditions mais aussi de par sa musique à la symphonie si particulière. Le producteur Shag reprend les sonorités rétro du classique, « Legend of Zelda : Ocarina of Time » de la N64 en les réactualisant sur un air plus moderne. Une Beat tape spéciale nostalgie des années passées qui retrace les longs après-midis à martyriser le stick de la manette, pour diriger Link à travers la map et tuer les boss de chaque château. Le producteur du Texas replonge en arrière avec une écoute qui sera accompagnée d’un certain sourire aux lèvres avec des flash-backs de son enfance.

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On finira ce bref tour d’horizon avec une mention spéciale pour « How Are You ? »  de Mounika. Une tape aux allures de collection d’anciennes mélodies très émotives, animée d’échantillons vocaux qui hantent chaque morceau, pour leur donner vie dans un romantisme sans fin, tel une histoire d’amour que l’on trouve seulement dans les vieux films en noir et blanc. Au fil des notes, on se laissera facilement porter par ce savoureux mélange, tombé du recoin le plus éloigné d’internet, qui séduit tel une sérénade avec un style si particulier, mi-oldschool mi-hypnotique et remporte haut la main la palme de la pépite que l’on va réécouter jusqu’à n’en plus finir.

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Thomas, le 24 Octobre 2017.


UN DRIVE-BY DE PLUS POUR SOUDIERE

Le disciple de la Ponk revient hanter nos tympans avec un nouveau volume tout droit sorti des entrailles d’une thrill à tombeau ouvert. « Pirelli vol.4 » est une B.O digne d’un grand film qui ne vous lâchera pas de sitôt. Long de seize morceaux, ce nouveau volet n’échappe pas aux codes du genre ; des reprises coupées, des ralentis stratosphériques, la réminiscence d’une funk, clin d’œil cinématographique, voix fantomatique qui vous hante les neurones, ambiance de fin du monde ou douce ballade légère. ​Ce quatrième opus est multi référencé et survitaminé par une ​composition d’échantillons pitchés, piochés à droite​ ​et​ ​à​ ​gauche​ ​pour​ ​être​ ​assemblés​ tel un puzzle et finir en un seul morceau.

Un vrai chercheur de pépites qui creuse encore et encore

Bizarrerie artistique pour certains ou chef d’œuvre pour d’autres, il n’empêche que Soudiere sais y mettre les formes. L’atmosphère est posée, la mélodie hypnotique, le double de Dj Smokey déforme et construit une musique dans la plus pure tradition de la vaporwave : un mouvement émergé des scènes indépendantes comme le seapunk, bounce house et chillwave, caractérisé par la nostalgie et la culture rétro des années 80 à 90, tout en étant à la fois critique et parodie du système capitaliste avec un fort degré de dérision dont l’image est le plus souvent rattachée à du glitch art très ironique. Une pure création​ ​du​ ​web,​ ​sous​ ​forme​ ​de​ ​satire​ ​numérique​ ​entre​ ​fascination​ ​et​ ​démesure.

YoungPirelli comme il ce surnomme,  esthétise sa musique avec un aller simple vers les portes d’un univers tout nouveau où tout est superposé pour s’entremêler. Un vrai chercheur de pépites qui creuse encore et encore dans les bas-fonds d’internet pour trouver des joyaux à exploiter, en bon bidouilleur de la nouvelle génération là où d’autres s’arrêtent lui a décidé d’enfourcher sa pelle et ses gants pour aller encore plus en profondeur. L’expérimentation donne un cocktail intriguant, nourrie au spleen et au feuille OCB, le Q posé dans une grosse cylindrée. ​D’aucuns n’auront sans doute trouvé son travail répétitif, et ils auront sans doute raison. Mais à l’écoute de ​« Pirelli vol.4 »,​ ​la​ ​pensée​ ​qui​ ​vient​ ​à​ ​l’esprit​ ​est​ ​comme​ ​une​ ​bouffé​e ​d’air​ ​frais​ ​:​ ​«​ ​ça​ ​fait​ ​du​ ​bien !​ ​».

le funambule s’amuse en jonglant entre plusieurs styles en mode tête brûlée,

Décomplexé et riche en matière de par sa forme, l’exercice pourrait être casse-gueule, pourtant rien n’a été laissé au hasard. Chaque note, chaque extrait tombe là où il faut pour faire repartir l’instru, chaque sample ou autre référence est pesée, puis mesurée avant d’être posée sur la balance du métronome, dont les boucles ne sont jamais ni trop longues ni trop courtes. Tout en contrôle, le funambule s’amuse en jonglant entre plusieurs styles en mode tête brûlée, une identité on ne peut plus claire. Du Smooth jazz dans «​ 1976 » en passant à la scène de l’exorciste ​«​ Suffer my curse » ou encore la virée nocturne sur ​«​ Pardon Me », cette nouvelle cuvée est d’un contraste frappant et d’une vitalité incroyable avec du ​skillz en pagaille. ​L’exportateur de la phonk made in France, s’impose de plus comme un nouveau corner dans le paysage sonore. En bon chef de travaux, il est au four et au moulin, et revient naturellement faire un drive-by​ ​pour​ ​flinguer​ ​des têtes​ ​et​ ​donner​ ​la​ ​température​ ​d’une​ ​scène​ ​en​ ​pleine​ ​émergence.

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Thomas, le 18 Octobre 2017.


JEAN-CHARLES, UN ACTIVISTE SANS LIMITE


Aujourd’hui chef d’orchestre d’Hotel Radio Paris, Jean-Charles est un activiste sans limite de la musique comme de son partage, qui forge peu à peu la diffusion de demain à partir d’un local de 15 m2 posté au pied de la butte Montmartre.


PlayMyKick : Faisons un bref retour en arrière, comment l’aventure Hotel Radio Paris a commencé ?

Jean-Charles : L’aventure a commencé en Juin 2015, je vivais à Barcelone, et j’ai décidé de rentrer à Paris pour monter HRP. J’ai trouvé un studio en Novembre, puis en Janvier 2016 on a lancé la radio.

Mon état d’esprit a pas beaucoup changé, ça a toujours été d’accueillir les jeunes et les moins jeunes tant que c’est des amoureux de la musique, je prends.

Pmk : Au tout début, quel a été ton état d’esprit ?

J-C : Mon état d’esprit a pas beaucoup changé, ça a toujours été d’accueillir les jeunes et les moins jeunes tant que c’est des amoureux de la musique, je prends. Au début c’était grave DIY, puis j’ai eu un assistant que j’ai toujours, Savinien, qui m’a aidé à professionnaliser le bail, moi je connaissais rien en technique. Aujourd’hui on avance grave, j’ai plein de talkshow, interview, j’en ai toujours voulus. J’aime bien comment c’est maintenant.

Pmk : Dans le concept, il n’y a pas de ligne éditoriale, comment s’organise la sélection du contenu ?

J-C : La sélection est simple, c’est soit des recommandations, soit des potes, soit des gens qui me démarchent via hotelradioparis@gmail.com. En gros je démarche personne, je l’ai fait trois fois, pour Doc Gyneco, Mall Grab et quelqu’un d’autre, ça a toujours été non, donc j’ai arrêté. Je préfère que les choses viennent à moi. C’est sûrement pour ça que Teki Latex est toujours pas venu par exemple, même si j’ai envie qu’il vienne je ferais pas la démarche de lui demander. Je préfère attendre que quelqu’un qui a un show l’invite.

Pmk : Il y doit y avoir pas mal de demandes de toute part ?

J-C : Franchement j’ai de tout, de partout c’est le kiff, le seul truc un peu dommage c’est qu’on fait que des lives sur HRP, donc les gens qui vivent à l’étranger sont niqués, faut venir à Paris pour passer sur HRP.

Pmk : Tu dois passer un temps fou à digger ?

J-C : Oui et non car comme j’ai pas de playlist sur HRP, j’ai pas à me galérer à digger les nouveaux trucs, même si je le fais de moi-même, j’ai pas à le faire pour la radio, je le faisais au début mais c’est trop compliqué à gérer. Mais en vrai je suis un peu dj carotte, quand je suis à la radio et que je kiffe le track que le mec passe, ba je lui pique ahahhaha ! Du coup comme j’ai grave d’émissions, ba j’ai tout le temps des nouveaux trucs ahahaha !

Pmk : Le fait de mixer sur scène, ça t’aide pour la sélection ?

J-C : Ba grave mais en vrai moi je kiffe plutôt les cocktails, ou jouer dans des shops…, parce que jouer à 2h c’est cool mais en vrai le turn-up ça me soûle un peu, enfin surtout dans le rap. Après quand je joue de la techno/électro, là je kiffe, jouer en peak time. Mais sinon oui ça aide de voir la réaction du public.

Pmk : Étant en contact journalier avec la musique, quel est ton regard sur l’évolution des genres et styles ?

J-C : Je trouve que la France c’est de la balle déjà, il se passe tellement de trucs, y a tellement de courant, qu’on s’ennuie jamais. Dans le monde en gros c’est pareil, aujourd’hui avec internet tu peux être au courant de ce que passent les dj à Baltimore ou à Capetown, du coup c’est cool ! Mais en vrai là, c’est afro et le rap latino qui sont partout. D’ailleurs écoutez Yandel, (s/o a Djslow).

 

 

Pmk : Avec le temps, comment vois-tu le devenir des radios plus classiques ?

J-C : Je sais pas trop, moi j’aimerais trop avoir une FM ahahahaha ! Mais je crois là que le CSA va me détester. Non en vrai je pense que les trucs d’infos ou ça parle genre radio France et compagnie ont de beaux jours devant eux alors que Sky et Générations sont à la limite d’être obsolètes. Merci à Booba et OKLM radio.

Pmk : Y a-t-il eu un héritage laissé par d’autres pionniers avant toi et qui t’ont influencé ?

J-C : Bien sûr, y a Jean-François Bizot, le mec qui a créé Nova en 1981, franchement ce qu’il a fait m’inspire tous les jours, et y a toutes les radio pirates UK de l’époque genre Rinse Fm. Depuis y a eu NTS et Know wave qui sont mes deux plus grosses influences, a Aaron Bondaroff.

Je suis en train de voir avec Redbull pour faire une tournée en France l’été prochain.

Pmk : L’Hôtel Radio Paris s’exporte aussi en province et dans d’autres pays comme Londres. C’est important d’aller à la rencontre de la scène locale ?

J-C : Londres c’est la maison, je suis en train de voir pour monter une résidence dans un club, Alibi, à Shoreditch. J’essaie de bouger le plus possible, Lyon, Montpellier, Biarritz, Bordeaux bientôt. Je suis en train de voir avec Redbull pour faire une tournée en France l’été prochain. Sinon je viens d’ouvrir une antenne à Barcelone, le 29 septembre : je vais essayer de faire la même chose qu’à Paris, la scène émerge tout juste-là, y a beaucoup de taf.

Pmk : Si tu devais donner des conseils à une personne qui voudrait monter ça web radio, ça serait lesquels ?

J-C : Je sais pas, accroche-toi, entoure-toi de tes potes et bonne chance.

ça a été une surprise pour beaucoup de gens, je veux dire la radio n’a que 18 mois c’est rien et boom j’ouvre à Barca

Pmk : Y aura-t-il d’autres surprises de la part d’Hotel Radio Paris pour cette année ?

J-C : Ouais bien sûr, déjà Barca ça a été une surprise pour beaucoup de gens, je veux dire la radio n’a que 18 mois c’est rien et boom j’ouvre à Barca ahahahah ! Non mais y a plein de trucs en stock mais je préfère pas trop en parler car à chaque fois que j’ai parlé d’un truc ça s’est pas fait ahahahha ! En vrai, je veux ouvrir un shop, genre disquaire, fanzine, merch… pour vendre ce que les gens qui viennent à la radio font, je cherche juste l’endroit parfait.


Thomas, le 9 Octobre.


LE CV CYGN EN UN MIX


Jamais en repos mais toujours entre deux tracks, Cygn ne dort que d’une oreille. En tant que figure nationale, le producteur de Lyon ne lâche jamais la pression et exerce son talent avec “TheUncygned, un mix mettant un coup de projecteur sur ses derniers morceaux avec quelques exclus de son prochain album et le moins que l’on puisse dire c’est que l’homme n’a rien perdu de sa science musicale ni de son énergie. Aussi à l’aise dans le Rnb que dans la TrapChill, pour revenir sur du bon Oldschool, voilà l’occasion de redécouvrir son CV qui ne finit pas de s’agrandir au fils du temps.


Thomas, le 3 Octobre 2017.


LE SUD LE FAIT MIEUX


La pharmacie de nuit Based Mtp, reprend ses quartiers annuels dans sa résidence principale de l’Antirouille à Montpellier pour un show qui s’annonce déjà incontournable. Rendez-vous ce vendredi 6 Octobre avec aux contrôles un line-up des plus alléchants : Soudiere, Stu, Phaz et JMK$ viendront assurer l’ambiance sur une bande son mélangeant hip hop, trap et trill jusqu’au bout de la nuit, un savoureux cocktail de goûts et de décibels, qu’il serait criminel de ne pas en profiter. Si vous souhaitez en savoir plus c’est par ici que ça se passe.


Thomas, le 2 Octobre 2017.