Chronique

LE BLEU ELECTRISANT DE THE CODE

LE BLEU ELECTRISANT DE THE CODE


Depuis deux ans, The Code n’a cessé de mettre tout le monde d’accord. Objectif affiché ? Continuer à maintenir ce cap, tout en faisant attention à ne jamais tourner en rond. Chose dite chose faite, avec ce onze titres baptisé « Bleu Electronica ».

« Pour nous et pour beaucoup le bleu est la couleur du ciel à son plus clair et la mer à l’état pur. Bleu Electronica est profond dans le spectre de la musique, en ayant son propre champ de minime à la transe », les médicaments, les lumières, le sexe et la sérénité. » The Code.

Certes, on ne pourrait pas mieux résumer le contenu de cette deuxième mixtape. « Bleu Electronica » est un profond spectre aquatique terriblement entêtant, fait d’un bleu musical qui rappelle celui du ciel et la profondeur d’un océan. Limpide tel un downtempo immersif, il est pris d’une ligne de basses infusées et de voix remodelées qui donnent envie de mettre la tête dans les nuages et les pieds dans l’eau.

En effet, la belle mécanique ne sonne jamais creux et déploie une vaste palette d’ambiances, qui va forcément vers l’aérien avec ces mélodies caressantes et le traitement si particulier apporté aux vocalises. C’est bien là que se trouve tout l’intérêt du projet. The Code pousse un mur en vous amenant dans une sphère non-balisée, ces voix assourdissantes, distordues et déstructurées se brisent, s’entrechoquent puis ressuscitent. Il y a là une aisance technique utilisée comme un outil qui épouse le rythme des morceaux pour donner du relief à l’ensemble. On est alors effleurés par cette étrange sensation d’être suspendus à une « osmose légère et palpitante », par des moments mémorables à l’écoute. Porté par la force tranquille d’un bleu électrisant, le registre général donne dans la sensibilité et au fil du temps le projet prend la forme d’un édifice expérimental et même si des pauses hiphop apparaissent en featuring en incluant P Reign et Kas Flow, on ne peut s’empêcher de ressentir cette perte d’apesanteur sur tout le long. C’est une expérience d’écoute sensuelle, où l’on est vite pris d’assaut par la science des assonances et des altérations d’une composition « sous acné », telle est la nouvelle pâte de The Code. Après ça, comment ne pas joindre une presse unanime, on a même envie d’oser la nomination du meilleur projet de ce début d’année.

L’insaisissable duo britanique défie toutes les attentes, par un mélange nuancé et profond qui capture l’attention. Une simple mixtape ? Non, disons le franchement c’est un projet incontournable qui ouvre des perspectives.


Thomas, le 25 Mars 2016.


 

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