Chronique

UJO, QUELQUE PART ENTRE LES ETOILES

UJO, QUELQUE PART ENTRE LES ETOILES


Sorti il y a une semaine jour pour jour, « One More Day » est le deuxième EP fraîchement sorti du terroir de chez Ujo. Lors de notre interview, il nous avait seulement confié que cela serait un « autre format que d’habitude ». On est forcé de constater que l’homme n’a pas démenti une seule seconde. Retour sur son deuxième enfant légitime.

Dénué de tout faux pas, ce nouvel opus est une référence à l’univers filmique. Plus intense, plus puissant, c’est à travers des compositions cosmiques qu’Ujo décline toute sa sensibilité. Le ton est en quelque sorte donné, l’infini, la galaxie, tout prend plus d’ampleur, tout est beaucoup grand, beaucoup plus large. L’immensité devient son cheval de bataille en négociant un contrepied plutôt bien maîtrisé. Autant dire que les ambiances diffèrent quelque peu de son premier EP. Très harmonieux, ce quatre pistes hausse le niveau, le jeune producteur continue d’imposer sa personnalité avec un projet aux allures de grande symphonie, sculpté dans la sève de l’ « émotionel électronique » comme il sait si bien le faire. Si son premier EP « 333 » nous avait déjà mis l’eau à la bouche, « One More Day » nous a définitivement mis une claque.

Emportés par les sonorités spatiales, on navigue au premier rang d’une traversée des étoiles, telle la bande originale d’un film de science fiction. Dans ce son massif, son auteur à pris le soin d’injecter des nuances de puissance, qui couche après couche plantent le décor. Fourmillant de bonnes idées, l’ensemble reste insaisissable, imprévisible, et finalement, plus vrai que nature. Les ambiances sont millimétrées et toujours creusées dans ce même sillon qui devient de plus en plus imposant au fil de l’écoute. On appréciera alors la cohésion d’une track à l’autre comme une histoire qui se donne à être écoutée; une vraie dynamique à été trouvée. C’est un deuxième volet rondement bien ficelé dont il est difficile de s’en remettre.

En prenant un nouveau virage, Ujo a su faire peau neuve en insufflant une nouvelle inspiration dans ses productions qui se distingue par la qualité des arrangements et l’équilibre trouvé. Les bienfaits du passage chez Moose Records se font sentir en même temps que la volonté de passer à l’étage supérieur. « Forgive Yourself » en est une illustration parfaite. Pour autant, on échappe pas à son ADN, l’intention reste la même. Notre maestro des machines, demeure donc fidèle à son style de prods en œuvrant toujours dans le ressenti et l’organic music en rendant quelque chose d’étonnement addictif. Les amoureux des premiers jours ne seront donc pas trop dépaysés.

Fatalement, on sort de tout ça un peu déroutés mais surtout bien surpris. Ce deuxième volet est une œuvre mûre lui permettant de remplir peu à peu ses lettres de noblesse, ainsi que de nourrir de nouvelles ambitions pour le futur. C’est sans conteste la bonne nouvelle de fin d’année.


Thomas, le 21 Décembre 2015.


 

à lire aussi