Interview

ZEROLEX

ZEROLEX


Sa composition s’entrechoque entre notes et rêverie imaginaire, une splendeur voguant entre plusieurs époques et différentes ondes. Toujours entre deux scènes, Zerolex revient sur le parcours accompli depuis Besançon jusqu’à son dernier solo M.I.L.D en passant par l’aventure Cotton Claw .


PlayMyKick : Tu es originaire de Besançon, une ville pas spécialement connue pour sa scène musicale, comment en es-tu venu à t’intéresser à la production ?

Zerolex : Figure-toi que Besançon est un bercail assez important de musiciens en tout genre et de producteurs ! Pour la taille de la ville, c’est même assez impressionnant quand tu comptes le nombre d’associations et de groupes qui sont actifs. Un moment clé que je peux te citer, c’est une soirée du label Eklektik qui m’a mis une claque où il y avait Zo, YoggyOne et Lilea Narrative avec qui on a formé Cotton Claw par la suite et Peter Digital Orchestra. Je peux te citer Sorg également, avec qui j’ai fait mes premiers pas et dont j’ai remixé un morceau récemment.

Pmk : Quel déclic t’a poussé à être plus sérieux dans ce domaine ?

Z : Toujours à Besançon, en 2011, un autre producteur du nom de Miqi O. a mis en place une masterclass sur le beatmaking et la MAO qui existent toujours aujourd’hui : c’est un peu l’acte de naissance de mon projet. Ça m’a conforté dans l’idée que je voulais faire de la musique et rien d’autre ! C’est devenu encore plus sérieux le jour où j’ai arrêté les études !

Caen – Besançon, l’axe du bien !

Pmk : Assez rapidement, tu connectes avec Superpoze et Fakear, quel a été le feeling musical entre vous ?

Z : Caen – Besançon, l’axe du bien ! On a fait nos premiers pas ensemble, c’était plaisant de rencontrer des gens de sa génération avec qui échanger et partager des plateaux. Je me souviens assez bien avoir répéter pour un concert avec Superpoze et voir Fakear arriver, qui venait de s’acheter une MPD ! C’est assez amusant, avec le recul, de voir notre évolution et ce qu’on faisait à l’époque. Musicalement, je reste plus proche de Superpoze aujourd’hui, il a pris un virage que j’aime beaucoup.

Pmk : Ton dernier solo « M.I.L.D » est très chargé en héritage musical, quelle a été ton approche ?

Z : C’est mon premier album donc il réunit pas mal d’influences. Je trouve qu’un morceau comme « Family Tree » résume assez bien la démarche de mêler les genres et les époques : dedans, on trouve des breaks de batterie jazz des 70’s, des claviers de library music des 80’s, la voix des 90’s… Tout ça englobé dans une production plus « moderne » avec les synthés d’aujourd’hui.

Pmk : Ce projet est associé à la notion de rêves, comment as-tu réussi à faire la balance avec la composition ?

Z : Ça serait trop facile de dire que les rêves ont influencé directement les morceaux, c’est plus compliqué que ça. Ce qui m’a plu dans cette approche, c’était de retrouver des émotions du rêve dans la musique; avoir plein d’images et de sensations en tête et tenter de les retransmettre dans les morceaux.

Ça fait plusieurs années que je note mes rêves, que je m’y intéresse de près.

Pmk : C’est plutôt rare comme source d’inspiration d’où t’es venu cette idée ?

Z : Ça fait plusieurs années que je note mes rêves, que je m’y intéresse de près. Quand j’ai réalisé qu’on passait 1/3 de notre vie à dormir, j’ai pensé que ça pourrait être intéressant d’utiliser tout ce temps et de s’en servir pour développer la créativité. Mais je n’ai rien inventé, c’est un thème qui revient quand même très souvent dans l’art, en général.

Pmk : En même temps, c’est déjà présent depuis « Floating Ep »

Z : Oui, je pense ! Mais j’avais envie que ça soit plus explicite avec « M.I.L.D» 

Pmk : Cette notion d’onirisme est quelque chose que tu as ramené de chez Holy Two ?

Z : Non, ils faisaient déjà des morceaux très planants et très imagés quand on s’est rencontrés ! Je pense qu’on s’est bien retrouvés là-dessus justement et que ça a été assez décisif pour qu’on collabore ensemble sur « Eclipse » !

Pmk : Une grande place a été accordée à l’illustration, quel est ton rapport avec les visuels ?

Z : En effet ! Sur « M.I.L.D » il y a une illustration par morceau qu’on retrouve sur un poster et dans le livret du CD. J’ai toujours travaillé avec Renaud Vigourt, qui a un univers bien à lui. Quand je vais chez un disquaire, je porte toujours une attention particulière à la pochette et je me plais à imaginer que quelqu’un va tomber sur mon disque de manière assez hasardeuse et que le visuel va attiser sa curiosité sur le contenu !

Pmk : Comment, s’est faite la connexion avec chaque membre du groupe Cotton Claw ?

Z : On habite tous à Besançon. Le centre-ville fait 10 m2 donc on s’est retrouvés assez vite dans les mêmes soirées et chacun était au courant des projets musicaux des autres. En 2012, Lilea Narrative est devenu artiste associé à La Rodia – la SMAC de Besançon – et nous a proposé de se réunir pour monter ce groupe : ça part de là !

Pmk : Comment s’est organisée la composition à huit mains ?

Z : Comme n’importe quel groupe, j’imagine ! Chacun apporte ses idées, on discute, on essaie, on propose, on décide. Chacun a son mot à dire ! Tu as ton droit de veto si jamais.

Pmk : Y a-t-il eu une certaine influence à la C2C ?

Z : Non, du tout. Je sais que le parallèle est facile mais finalement, à part le fait d’être 4 ?! Nous ne sommes pas DJ, on joue live sur des MPC, dans une esthétique peut être un peu plus électronique et moins Hip Hop. Personnellement, je me sens carrément plus proche d’AllttA ! En tout cas, je m’y retrouve plus musicalement.

Voir travailler les autres, c’est toujours enrichissant… Quand je bosse tout seul, j’ai ce réflexe de me demander quels seraient leurs avis, qu’est-ce qu’ils proposeraient. C’est stimulant.

Pmk : Comment l’aventure Cotton Claw a influencé la création de « M.I.L.D » ?

Z : J’ai appris énormément avec le groupe. J’avais très peu d’expérience comparé aux autres quand on a commencé. C’est en grande partie grâce à eux si j’arrive à pondre mes propres sons sur un synthé aujourd’hui ! Voir travailler les autres, c’est toujours enrichissant… Quand je bosse tout seul, j’ai ce réflexe de me demander quels seraient leurs avis, qu’est-ce qu’ils proposeraient. C’est stimulant.

Pmk : Le coté Dj ça ne t’a jamais intéressé ?

Z : Si, de plus en plus car j’achète des disques régulièrement et je commence à avoir une belle collection… J’en ai fait pas mal ces derniers temps. Après, mixer sur un contrôleur, ça me fait chier, je me suis décidé à ne faire que du vinyle cette année. Je peux me passer de l’électro mais ce que je préfère, c’est un bon spot au soleil, dans un parc, où je peux me faire plaisir à passer de la soul, de l’afro, du funk ou du jazz à la cool, sans prétention et sans la pression du dancefloor qui gueule parce qu’il veut du kick et de la basse plein la gueule ! Bref, « pousser des disques » en mode sélection, ça me parle carrément, mais je ne suis pas certain d’être fait pour devenir DJ au sens où on l’entend dans le Hip Hop ou la musique électronique.

Pmk : La première fois que je t’ai découvert, tu ouvrais pour une scène avec Superpoze, Stwo, Phazz, Everydayz, pour Free Your Funk. Ensemble et avec d’autres, vous formez la première génération de producteur à vraiment tourner. Quel regard tu portes sur cette première vague ?

Z : Ah oui, c’était à la Bellevilloise, en 2014 ! J’ai un bon souvenir de cette soirée ! Je suis ravi de faire partie de cette génération ! Même si pour moi, il y en a eu une, avant nous, je pense à quelqu’un comme Fulgence par exemple, qui trimballait déjà ses deux MPC sur scène il y a dix ans. On a peut-être eu la chance d’être mis en lumière vite, plus vite grâce aux réseaux sociaux.

Pmk : Tu nous réserves quelle sorte de rêve pour la suite ?

Z : Il est encore un peu tôt pour en parler mais il y aura du nouveau l’année prochaine, pour sûr ! Je pense depuis un moment à autoproduire mon prochain disque… Donc je vous encourage fortement à vous procurer mon album pour m’aider à financer ça tout seul héhé ! Sinon, je vais continuer de défendre mon album sur scène : à Caen le 02/11, à Never le 03/11, à Brainans le 01/12.


Thomas, le 13 Septembre 2017.


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